Philippe Vander Putten (SN Brussels Airlines) |
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![]() Qu'est-ce qui est/sera vraiment différent par rapport aux 20 dernières années ? «Ce qui devrait changer c'est une plus grande prise en compte par l'entreprise de l'environnement au sens large du terme, les stakeholders ». La situation a déjà un peu évolué, mais pas encore suffisamment. A l'heure actuelle et pour le futur, les acteurs économiques doivent prendre conscience de la nécessité d'une véritable citoyenneté d'entreprise et, rapidement de voir enfin se dégager de réelles valeurs d'entreprise citoyenne. Il faut les intégrer à la culture d'entreprise et à la vie au quotidien.
Qu'est-ce qu'il faut garder, changer, améliorer, arrêter? « Il est impératif de préserver l'esprit d'entreprise ». Garder : il y a beaucoup d'entreprises qui se créent et un grand nombre aussi qui disparaissent et il en sera toujours ainsi. Mais il faut impérativement préserver un climat favorable au développement d'affaires, à la création d'entreprises, au développement de nouveaux concepts, en Belgique, comme partout dans le monde d'ailleurs. Et puis, il faudrait travailler l'esprit de l'entrepreneur de manière à lui faire intégrer la notion possible d'échec. Il n'est pas toujours bien vu de quitter un poste stable pour se lancer dans l'aventure de la création d'entreprise, alors si, en plus, celle-ci se termine mal, les critiques tombent radicalement ! Dans notre culture égoïste et jalouse on a une vraie tendance à faire des reproches à celui qui a tenté... « Je te l'avais bien dit » plutôt que de le rassurer... « tu as au moins le mérite d'avoir essayé. Tu as réalisé une belle expérience. Ca valait le coup d'essayer » par exemple. L'échec en matière de création d'entreprise provoque aussi des réactions négatives pour la réinsertion professionnelle du dirigeant. Il est donc important de faire évoluer les mentalités pour éviter de se bloquer dans des clivages dépassés. Et puis, dans notre vieille Europe, la réussite n'est pas forcément bien vue non plus et la richesse des uns peut être facilement jalousie par les autres. On oublie trop aisément qu'au delà de la réussite il y a souvent eu la prise de risques, le démarrage à zéro, un travail acharné pendant des années et la pugnacité d'un être humain qui a cru à son projet et s'est donné les moyens de réussir. Arrêter : il faudrait réussir à remettre de l'ordre pour éviter les abus et le gaspillage, dans le privé comme dans le public. Certains « gardes-fous » seraient bienvenus pour encadrer le système mais de toute évidence, on ne peut pas tout « bétonner ». Ce qu'il faut obtenir c'est le changement des mentalités en commençant par des modifications dans les filières universitaires. N'avons nous pas besoin de préparer des futurs managers dynamiques au lieu de brillants technocrates ? Une enquête récente faisait état de ce que les étudiants qui sortaient des écoles de commerce aux USA, après 4 ou 5 ans d'étude, avaient une éthique moins fiable que lorsqu'ils y entraient ! Il y a de quoi se faire du souci ! Ce sont sans doute les conséquences du brainwashing et du conditionnement pour approcher des matières comme les finances, la rentabilité, le management, etc. L'apprentissage de la gestion des ressources humaines est capital et celui qui deviendra un excellent chef d'entreprise se doit d'être à la fois technicien, administratif, communicant, visionnaire, etc. C'est le seul moyen qu'il a de pouvoir motiver ses troupes. Malgré cela, il devra encore trouver du temps pour coacher son personnel et rester sans cesse vigilant sur la bonne gestion du capital humain de l'entreprise.
Si vous démarriez votre carrière aujourd'hui que feriez-vous ? « Si j'étais célibataire, j'irais tourner un peu partout dans le monde... » La globalisation a changé les pratiques et il est évident que mon experience en business au niveau mondial est limitée. Je me suis occupé du Benelux, de l'Europe mais je n'ai pas été responsable de la Chine, du Brésil etc... Or, aujourd'hui, rationnellement, c'est très important d'avoir une experience du monde des affaires au niveau international large. C'est d'ailleurs ce dont j'essaye de faire prendre conscience à mes enfants. Inversement, la qualité de la vie étant très importante, il faut réussir le bon mélange pour trouver l'équilibre qui mène au bonheur. Aujourd'hui, avec mon parcours, j'ai l'impression d'avoir réussi ce challenge et je ne serais sûrement pas plus heureux en ayant fait le tour de monde ou en étant un « voyageur de commerce moderne » ou un collectionneur de miles. Il existe un grand nombre de métiers qui correspondent à ces critères mais je ne suis pas convaincu que ça m'aurait rendu plus heureux... © Top Management – Express.be |
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