La difficulté d’être indépendant

Nous sommes plongés dans une crise économique d'envergure. Devons-nous faire le gros dos en attendant qu'elle passe ou y a-t-il des remèdes miracles qui peuvent nous soulager? Les États mettent tous sur pied de grands plans de relance. Je n'ai bien rien contre, mais je crois également en d'autres actions, plus petites et plus utiles.

Un sondage a montré que 6 Belges sur 10 ont peur pour leur job et craignent de ne pas retrouver rapidement un emploi. Une crainte fondée, à mon sens. Les employeurs et les entrepreneurs n'ont pas fort envie d'engager du personnel, notamment en prévision du passif social qui ne manquera pas d'apparaître lorsqu'ils seront touchés de plein fouet par la crise. Croyez-moi: les employeurs ne savent déjà plus comment garder la tête hors de l'eau et contrer les menaces potentielles qui se présentent.

On se bouscule sur le marché du travail. C'est dommage pour ces gens qui, malgré leurs diplômes et leur expérience, se retrouveront sans emploi. Il est donc urgent de se retrousser les manches. Toutes les parties - politiciens et partenaires sociaux - doivent oser ôter leurs œillères.

Donner un statut attractif aux indépendants serait déjà un pas dans la bonne direction. Ainsi, les gens oseront enfin franchir le pas en se mettant à leur compte. Pour cela, les entreprises doivent également pouvoir engager des professionnels disposant d'un statut d'indépendant. Des faux indépendants, dites-vous? Peut-être, mais pourquoi ne pas légitimer ce statut? Il n'a que des avantages, surtout dans les temps de crise, où le nombre de jobs se réduit comme peau de chagrin. Les employeurs prendront ainsi moins de risques et, si les affaires ne tournent pas bien, ils ne devront pas se ruiner en préavis et procédures de reclassement externe. Les employés gagneront en flexibilité et pourront trouver plus aisément une place. Une mesure dont chacun profitera.

Parallèlement le statut d'indépendant devrait être amélioré, notamment par le renforcement de la couverture de l'indépendant en cas de maladie ou de chômage. Il faut garantir des avantages aux gens qui osent prendre leur destin en main. Dans notre pays, on dirait que ceux qui prennent des responsabilités sont punis de leur courage. C'est malsain. Et, au final, néfaste à l'économie, à la créativité et à l'innovation. Une triple erreur!

[Cet article a également paru dans L'Echo et sur le blog de CVWarehouse]

Inge Geerdens

Inge Geerdens (37) est à la tête de CVWarehouse.com, une entreprise technologique conseillant les organisations en matière de recrutement en ligne. Geerdens a également créé Executive Research, un bureau de sélection et de recrutement. Les opinions exprimées dans cette colonne reflètent sa vision personnelle. 

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