Réhabilitation

2009 promet d'être une année difficile du point de vue économique, et encore c'est un euphémisme. Mais alors que de nombreuses entreprises éprouveront les plus grandes difficultés à garder la tête hors de l'eau, certains employés semblent ne pas s'en rendre compte. Ils continuent malgré tout à donner la priorité à leur vie privée et s'imaginent que les employeurs applaudiront. Je ne les comprends pas.

L'équilibre entre vie privée et vie professionnelle est négociable. Ces dernières années, les employés ont demandé de plus en plus de « liberté » en échange de leurs services. Il était possible de la leur offrir en période de croissance, notamment parce qu'à l'époque la demande de personnel était plus grande que l'offre. Mais vu la récession en cours, nombre d'employeurs ne veulent et ne peuvent plus payer ces loisirs. Tout le monde va devoir mordre sur sa chique et travailler plus dur - et ceci sans gagner plus ni avoir plus de flexibilité en retour. Garder son travail sera la seule récompense. Bien sûr, ce n'est pas un message très populaire...

L'ambiance au bureau sera donc plus sérieuse à l'avenir. Autrefois, le week-end servait à se reposer de la semaine de travail. Maintenant il en va tout autrement. Je ne veux pas juger ce que font les employés le week-end. Chacun a le droit de s'amuser, surtout quand la pression est forte au bureau. Mais soyez prudents. La détente n'est pas sans risques.

En tant qu'employeur, l'expérience vous apprend qu'il vaut mieux éviter d'engager des motards, des skieurs, des karatékas, des escaladeurs et tous les autres adeptes de sports extrêmes. Les bricoleurs qui occupent leur temps libre à rénover leur maison ou à jardiner arrivent généralement épuisés au bureau. Les amateurs de culture ont eux aussi une vie dangereuse. Peu après Noël, un de mes employés m'a ainsi dit qu'il était lourdement tombé sur le sol pendant un concert de rock. Résultat: plusieurs semaines d'absence. C'est inévitable lorsqu'on engage de jeunes employés. Ils rendent la vie au bureau plus trépidante, mais il y a toujours un revers aux médailles. Et même si nous avons tous été jeunes et irréfléchis, ce type de comportement est professionnellement et financièrement dommageable.

Quoiqu'il en soit, on est parfois confronté au bureau à des gens qui sont très malades ou qui traversent de terribles drames personnels. Je les soutiens toujours à 100 %. Dans ce genre de situation, on a besoin de temps pour se remettre d'aplomb, mais j'attends alors de leurs collègues insouciants qu'ils mettent tout en œuvre pour assurer que le travail du collègue infortuné est fait comme avant.

Ne me comprenez pas mal : je ne veux pas que les gens vivent dans une bulle en verre le week-end. Mais je plaide pour une réhabilitation du travail dans l'équilibre vie privée-vie professionnelle. On parle souvent avec un peu de mépris du travail, comme le prouve le choix récent d'une station de radio d'utiliser des jingles tels que « fun all day long » et « let's have a big time ». Il n'y a rien de mal à travailler dur. Le travail est le moteur de nos loisirs. « No work, no money », « No money, no play ». Pensez-y ce soir si vous comptez vous amuser. Votre absence lundi mettra à mal votre entreprise et vos collègues.

[Cet article a également paru dans L'Echo et sur le blog de CVWarehouse]

Inge Geerdens

Inge Geerdens (37) est à la tête de CVWarehouse.com, une entreprise technologique conseillant les organisations en matière de recrutement en ligne. Geerdens a également créé Executive Research, un bureau de sélection et de recrutement. Les opinions exprimées dans cette colonne reflètent sa vision personnelle. 

Share
PALMARES BEL20
Umicore (UMI) 2.86 %
Nyrstar (NYR) 2.43 %
Befimmo Sicafi (BEFB) 1.45 %
KBC Groep (KBC) 1.31 %
Solvay (SOLB) 1.07 %
Colruyt (COLR) -0.10 %
21/05/2012 15:52