Saupoudrage

Durant tout le week-end, les français ont tremblé. Le gouvernement, réuni en conclave à Matignon, avait averti que, cette fois, on ne rigolait plus, qu’on allait voir ce qu’on allait voir, que la récréation était terminée, la rigueur convoquée, la France mise au pied du mur. Il y aurait du sang, de la sueur et des larmes. « Le plan de rigueur le plus douloureux depuis l’après-guerre », murmurait-on du côté de Matignon.

Les français ont eu du mal à s’endormir, se demandant encore à quelle sauce ils allaient être dévorés. Déjà, certains songeaient à un exil vers des contrées plus amicales, d’autres enfouissaient à la va-vite leurs économies dans leur jardin. Et puis, vers midi, le couperet est tombé : à place d’un plan de rigueur massif et invasif, à même de changer d’une manière profonde la vie quotidienne des français, le premier ministre s’est contenté d’énumérer un catalogue de mignonettes de mesures, là un rabotage parcimonieux de l’âge du départ à la retraite, ici un gel du salaire du président de la république, plus loin, une hausse a minima de la TVA pour la restauration.

Pas de quoi fouetter un français.

Pris en tenaille entre des agences de notation exigeant des mesures fortes et immédiates visant à désendetter les finances publiques d’une manière pérenne, faute de quoi la France pourrait dire au revoir à son triple A, et des élections qui se profilent à l’horizon, le gouvernement possède une marge de manœuvre des plus réduites qui le contraint à effectuer un grand écart… avec les deux pieds liés.

Ne pas terroriser son électorat en l’assommant de mesures trop impopulaires tout en donnant des gages de sérieux aux agences de notations. Ménager la chèvre et le chou. Avec le risque de ne contenter personne et pire de remettre à encore plus tard les véritables mesures d’austérité qui tôt ou tard s’imposeront d’elles-mêmes.

Le vainqueur de la prochaine élection présidentielle ne connaîtra pas d’état de grâce. Par la force des choses, avec des prévisions de croissance proche du néant, il devra administrer à ces concitoyens une dose amère de mesures spectaculairement contraignantes. A se demander s’il ne serait pas plus sage et plus confortable de rester tranquillement dans les rangs de l’opposition et d’attendre le retour du printemps. Un retour désormais relégué aux calendes…grecques.

  • Powered by:Express.be
Share
La bourse
Air France-KLM (AF)
Cours 3.44 Clotûre veille 3.49
Haut 3.57 Bas 3.42
21/05/2012 15:57
PALMARES BEL20
Umicore (UMI) 2.48 %
Nyrstar (NYR) 2.23 %
KBC Groep (KBC) 1.66 %
Bekaert (BEKB) 1.42 %
Befimmo Sicafi (BEFB) 1.33 %
AB InBev (ABI) -0.21 %
Colruyt (COLR) -0.03 %
21/05/2012 15:58