Travailler différemment

Une connaissance m'a récemment confié que personne ne voulait lui donner de job. Le malheureux venait de recevoir son C4 et broyait du noir. Une telle attitude est compréhensible en temps de crise, mais j'ai tiqué sur l'expression « donner un job ». Tout le monde a le droit d'avoir un travail, mais cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas se démener pour l'obtenir. La distribution de postes n'existe pas encore que je sache.

Personne n'ignore que nous sommes en pleine récession et qu'elle peut durer encore un bout temps. Ceux qui ont la possibilité de garder leur place ont de la chance. Un grand nombre de travailleurs ont déjà été licenciés et beaucoup d'autres vont suivre. En outre, il est difficile de trouver rapidement une nouvelle place car elles sont rares. Le cadre dont je parlais au début de ma chronique n'est pas au bout de ses peines. Je crains que son attitude ne fasse qu'empirer les choses. Je lui conseillerais d'aller de l'avant et d'écrire directement à une série d'entreprises et d'organisations. C'est un truisme, mais on n'avance pas en restant assis. Il faut faire preuve d'initiative et d'esprit d'entreprise.

Cela s'applique également aux employés de demain. J'ai récemment parlé dans une université et j'ai demandé qui rêvait de monter sa propre entreprise. Personne n'a bougé. Pas la moindre réaction. Je me trouvais dans un auditoire bourré d'étudiants en sciences économiques. Il paraît que ce sont les entrepreneurs de demain... ils m'ont surtout donné l'impression de vouloir devenir employés. De préférence dans une multinationale ou à l'État. Là, au moins, le salaire est assuré. Je peux comprendre que le malaise économique actuel pousse à la prudence. Mais quand même. Ce manque criant d'esprit d'entreprise dans le chef des étudiants est un mauvais signe pour l'avenir. J'ai donc conclu par un conseil: travaillez différemment.

Je leur ai dit qu'un poste fixe deviendra utopique à l'avenir et que, dans quelques années, nous passerons d'un projet à l'autre, souvent pour des entreprises différentes. Le concept de « job pour la vie » cessera d'exister. J'ai lu l'effroi dans leurs yeux, mais qui ambitionne encore d'avoir un poste fixe? À court terme, c'est peut-être intéressant, mais ceux qui manqueront de flexibilité et d'esprit d'entreprise dans l'économie d'innovation qui s'imposera demain, se rendront très vite totalement inutiles. Un employé prévenu en vaut deux...

[Cet article a également paru dans L'Echo et sur le blog de CVWarehouse]

Inge Geerdens

Inge Geerdens (37) est à la tête de CVWarehouse.com, une entreprise technologique conseillant les organisations en matière de recrutement en ligne. Geerdens a également créé Executive Research, un bureau de sélection et de recrutement. Les opinions exprimées dans cette colonne reflètent sa vision personnelle. 

Share
PALMARES BEL20
Umicore (UMI) 2.48 %
Nyrstar (NYR) 2.23 %
KBC Groep (KBC) 1.66 %
Bekaert (BEKB) 1.42 %
Befimmo Sicafi (BEFB) 1.33 %
AB InBev (ABI) -0.21 %
Colruyt (COLR) -0.03 %
21/05/2012 15:58