 De la compassion. C'est ce que j'ai ressenti
lorsqu'un ami m'a récemment parlé du dialogue social pour le moins difficile
dans son entreprise. Les négociations sont en cours depuis des mois, se
retrouvent dans l'impasse la plus complète. Ses employés ont été chouchoutés
pendant des années et ne sont pas prêts à abandonner ce qu'ils jugent acquis.
Personne ne veut le faire dans notre pays d'ailleurs, mais la réalité
économique d'aujourd'hui est totalement différente de celle d'hier, et Dieu sait
ce que demain nous réserve...
Il est vraiment découragé. Il ne parvient pas à
réorganiser son entreprise, ce qui est pourtant indispensable. Ne pensent-ils
donc pas à sauver leur gagne-pain ? Lorsque vous travaillez 33 heures par
semaine et que vous bénéficiez de 60 jours de vacances par an, vous pouvez
quand même faire un petit effort, non ? Il ne les comprend pas, et je suis
dans le même cas.
De nos jours, les employés sont souvent
difficiles. Ils veulent des journées de travail très courtes, beaucoup de
vacances, une dizaine d'avantages extralégaux et des salaires élevés. Je
n'invente rien : c'est ce qui ressort d'études de nombreuses organisations
internationales. Notre pays affiche l'une des durées de travail les plus
courtes au monde, à laquelle s'ajoutent les salaires les plus élevés. Pas
vraiment un climat idéal pour l'entrepreneuriat, mais apparemment la seule
façon de motiver les employés.
Chose étonnante : lorsque les entreprises
négocient une nouvelle convention collective de travail, la principale demande,
c'est de travailler moins et d'avoir plus de vacances. Si nous continuons
ainsi, bientôt les gens passeront plus de temps en « congé » qu'au
travail. Ils partent au ski à Noël, à la plage à Pâques, prennent de longues
vacances bien méritées en juillet et en août, sans compter quelques citytrips
pour arriver sans casse aux fêtes de fin d'année. Je pense d'ailleurs à lancer
une agence de voyage. Il y a de quoi devenir riche en quelques mois !
D'autant plus que la fameuse baisse du pouvoir d'achat ne semble pas empêcher
les employés de partir en vacances à tout propos.
Aussi bien du point de vue privé que
professionnel, les gens veulent de moins en moins de contraintes. Tout avoir
rapidement et sans se fatiguer, c'est la philosophie du moment. Le long terme
n'intéresse plus, et c'est un grand danger pour notre société. Si nous
continuons ainsi, les prochaines générations auront de gros problèmes. Elles
devront recoller les morceaux de notre indolence. C'est ça l'héritage que nous
voulons leur laisser ?
Apparemment, oui. Tout le monde semble avoir perdu
la raison. Après nous, le déluge. Nous sommes dans la société du « Moi,
Je ». Lorsque les gens ne reçoivent pas ce qu'ils veulent, ils rejettent
la faute sur les autres. « C'est à cause des entreprises, de l'État, des
politiciens, Monsieur. » Pour vous en convaincre, vous n'avez qu'à lire le
courrier des lecteurs dans les journaux ou les messages sur les forums
Internet. C'est une longue litanie de plaintes. Alors qu'il faudrait se
retrousser les manches et travailler à bâtir un meilleur avenir à chacun.
Est-ce vraiment trop demander ?
[Ce ‘billet’ est paru également dans L’ Echo]
Inge
Geerdens (37) est à la tête de CVWarehouse.com, une plate-forme de
recrutement en ligne qui est rapidement devenue une des principales
références du recrutement en ligne, avec plus de 100.000 CV. La
base de données est quotidiennement consultée par de nombreuses grandes
entreprises. CVWarehouse SA est une filiale du bureau de recrutement et
de sélection anversois Executive Research. Vous trouverez plus d’informations à http://www.cvwarehouse.com
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