Le boom des vins Chateau Lafraude

Avec l’envolée des prix de certains vins, spécialement des grands crus bordelais, un nouveau type de fraude a vu le jour dans les années 70 : la contrefaçon des grands vins. Celle-ci se développe actuellement très fortement, à la faveur de la hausse très vive de la demande principalement de la part des pays asiatiques, et selon certaines estimations, ce seraient 5% des vins fins sur le marché vendus aux enchères ou sur le marché de la revente, qui ne seraient pas ce que leur étiquette prétend qu’ils sont.

Plusieurs techniques s’offrent aux fraudeurs : ils peuvent par exemple changer les étiquettes des bouteilles (notamment lorsque les noms des vins sont proches, comme Château Lafite ou Lafite). Ils peuvent également « arroser » un sommelier d’hôtel pour se faire remettre les bouteilles vides et les bouchons des vins prestigieux bus par les pensionnaires de l’hôtel pour les remplir d’un nectar moins onéreux. Enfin, on peut aussi se rabattre sur Ebay, où les bouteilles vides se négocient quelques centaines d’euros.

Pour les fraudeurs, le jeu en vaut la chandelle. Un grand vin peut valoir des centaines de fois plus qu’un simple bon vin. Quant aux victimes des fraudes, elles leur donnent rarement une suite. Certains sont trop fiers pour publiciser qu’ils ont été dupés. D’autres ont peur de ternir la réputation des grands châteaux, et de déprécier leur propre cave par rebond.

Les négociants et les commissaires priseurs font tout ce qu’ils peuvent pour filtrer les faux. Beaucoup choisissent de n’acheter les vins pour les millésimes antérieurs à l’année 2000 que lorsqu’ils ne sont mis en vente par leur chai d’origine.

 

  • Source:The Economist
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