Réchauffement climatique : mettez vos jeans Levi's au congélateur

Après Gap, c’est au tour de Levi Strauss de partir en croisade pour nous convaincre de substituer le congélateur à la machine à laver pour nos jeans. Sa justification ? Entre le champ de coton en Inde d’où il est issu, et la poubelle de recyclage pour les vêtements usagers où il achève sa carrière, un jeans aura réclamé l’utilisation de plus de 4000 litres d’eau. Ce chiffre prend en compte l’eau nécessaire à l’irrigation du champ de coton, celle qui est nécessaire à l’assemblage du pantalon, et les lavages d’entretien à la maison.

La plus populaire des marques de jeans craint que le réchauffement climatique ne mette en péril son existence dans les prochaines décennies parce que le coton sera trop rare ou trop cher. Levi Strauss a vu les prix du coton s’envoler l’année dernière à la suite des inondations au Pakistan et de la sécheresse en Chine, et depuis, il cherche à réduire la quantité d’eau utilisée dansle process de fabrication. Or, le coton, la matière agricole non alimentaire la plus cultivée au monde, est très gourmand en eau, alors qu’il est principalement cultivé par des petits agriculteurs qui n’ont pas la capacité de la stocker. De plus, le prix de l’eau commence à augmenter.

Depuis 2005, l’association à but non lucratif Better Cotton Initiative, fondée par des marques du commerce de détail, telles qu’Ikéa, Adidas, et Gap, des entreprises de l’industrie du coton et des organisations non-gouvernementales, que Levi Strauss a rejointe en 2009, travaille pour promouvoir la réduction de l’usage de pesticides, l’interdiction du travail des enfants et les économies d’eau. La compagnie a donc mis en place un programme de formation des agriculteurs en Inde, au Pakistan, au Brésil, en Centre-Afrique et en Afrique de l’ouest pour leur enseigner les techniques les plus récentes en matière d’irrigation et de récupération des eaux de pluie. Comme la production est très atomisée dans plus de 70 pays, il s’agit d’un défi considérable.

En outre, désormais, les délavages des jeans ne sont plus réalisés à l’eau, mais avec des pierres. Et pour sensibiliser le consommateur, le fabriquant appose des étiquettes sur les jeans leur recommandant de laver les pantalons le moins possible et de privilégier les lavages à l’eau froide. Et pour ceux qui désirent aller plus loin dans cet effort, la compagnie conseille même d’éviter de laver les jeans, et de les mettre au congélateur pour tuer les bactéries qui provoquent les mauvaises odeurs.

De plus en plus de firmes commencent à s’inquiéter de leur dépendance à l’eau, et pas seulement dans le secteur de l’habillement. Pepsico a choisi une méthode de stérilisation des bouteilles de plastique avec de l’air purifié plutôt que de l’eau dans son usine de Géorgie. Pour sa marque de chips, Frito-Lay, il a retenu une variété de pommes de terre résistantes à la sécheresse qu’il fournit aux agriculteurs partenaires avec des conseils sur la méthode à appliquer pour surveiller le sol et arroser le moins possible.

Le Carbon Disclosure Project, qui surveille les émissions de gaz à effet de serre des entreprises, a récemment ajouté la gestion de l’eau à ses priorités. Au cours d’une enquête menée l’année dernière auprès des 150 plus grandes entreprises du monde, il a conclu que pour 40% d’entre elles, les problèmes d’eau avaient déjà des conséquences préjudiciables pour leurs affaires.

 

  • Source:The New York Times
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