Automobile: les Européens s'attendent à une année difficile en 2010

"Je n'accepte pas que des voitures, qui sont vendues en France, soient construites à l'étranger", avait ainsi déclaré le président français Nicolas Sarkozy en janvier, lorsque le constructeur Renault voulait délocaliser la production de la future Clio 4 en Turquie.

La chancelière allemande Angela Merkel s'est battue pendant des mois pour préserver l'emploi dans les usines Opel de son territoire, promettant des subventions massives à General Motors.

La fermeture annoncée de l'unique usine Opel de Belgique (2.600 emplois) a été vécue dans le pays comme un sacrifice lié aux pressions de Berlin, tandis que plusieurs réunions "de coordination" européenne à Bruxelles n'ont pas changé la donne.

"La règle communautaire a été passée aux oubliettes" pour l'automobile, constate Carlos da Silva.

Or une coordination européenne est d'autant plus cruciale que tout le secteur est lié par l'activité des équipementiers, "répartis dans toute l'Europe", argue Bertrand Rakoto. "Les constructeurs automobiles sont essentiellement des assembleurs: 75% d'une automobile provient des équipementiers", souligne-t-il.

Les ministres européens de l'Industrie, réunis récemment en Espagne, ont pressé Bruxelles d'établir une stratégie commune pour développer les véhicules électriques. Mais sur le court terme, ce sont bien les conséquences de la perfusion artificielle des primes à la casse qui les inquiètent.

En Italie, les performances de janvier (ventes en hausse de 30,2%) sont dues aux primes à la casse de 2009, une voiture commandée mettant plusieurs mois pour être livrée. Le dispositif n'a pas été renouvelé pour que le marché retrouve sa normalité, mais les constructeurs font déjà état d'une chute des commandes.

Au Royaume-Uni, les primes ont été prolongées jusqu'à fin mars. "Le secteur connaîtra une année 2010 difficile", avec un recul des ventes de 9%, prévoient les constructeurs.

L'Espagne joue les prolongations jusqu'à la mi-2010. Un sursis: les fabricants misent sur un repli de 18% au second semestre.

La France, déterminée à éviter un décrochage brutal, se distingue avec des primes (diminuées) jusqu'à la fin de l'année, ce qui n'empêchera toutefois pas un recul des ventes selon le secteur.

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