5 astuces des commerçants italiens pour échapper aux impôts

Comme son homologue grec, qui vient de publier une liste de fraudeurs qui ont soustrait des fortunes à la taxation publique, le gouvernement italien de Mario Monti a décidé de s’attaquer au problème de la fraude fiscale. Les autorités ont récemment organisé un raid sur la station chic de Cortina d’Ampezzo qui a permis de débusquer beaucoup de fraudeurs. Le quotidien italien La Stampa propose un petit tour d’horizon des méthodes qui permettent aux fraudeurs italiens d’échapper à la taxation de l’intégralité de leurs recettes :

1) transaction Piccolo (« petite »)

le client et le vendeur (généralement amis) se mettent d’accord d’un clin d’œil pour réduire le prix de la transaction figurant sur le ticket (et payer le solde en dessous de table). L’avantage de cette méthode, c’est qu’elle leur donne l’impression qu’ils agissent en toute légalité. 

2) Non, non, non, oui, non,  non…

Une des méthodes les plus courantes employées par les commerçants italiens est d’éviter d’émettre un ticket pour une transaction sur 5 ou 10, et de réserver les transactions avec tickets pour les clients inconnus (les étrangers pourraient être des percepteurs ou des individus qui pourraient vous dénoncer). Souvent, ils simulent l’émission de ce ticket en frappant les touches des chiffres, mais ils ne frappent jamais la touche de totalisation qui permet de calculer et de sortir le ticket.

3) Faux-reçus

Certains commerçants remettent des tickets qui ressemblent aux vrais, sauf que ce sont des fac-similés non recevables qui comportent la mention « non valide pour la récupération de taxes ».

4) Eviter les contrôles électroniques

Certains restaurants italiens refusent le paiement par carte de crédit, et se justifient en invoquant les frais de gestion onéreux du traitement des paiements par carte. Mais souvent, la vraie raison, c’est que les paiements par carte génèrent des mouvements de comptes bancaires impossibles à dissimuler.

Cependant, entre le moment de l’enregistrement du paiement par carte et l’émission du ticket, il existe un délai d’une dizaine de minutes, que certains exploitent astucieusement pour réduire les sommes en cause de quelques zéros, en souhaitant que l’inspecteur du fisc ne cherchera pas à rapprocher les reçus avec les lignes de crédit à la banque en fonction de l’heure à laquelle ils ont été émis.

5) L’innovation numérique

Il est possible de télécharger gratuitement des logiciels et même une application pour iPhone (« Magic Receipt ») pour produire de faux reçus pratiques que l’on peut ensuite remettre aux clients, notamment pour ceux qui font de la vente en ligne ou des livraisons à domicile.

En 2010, presque 50 milliards d'euros ont échappé au fisc italien, soit 46% de plus qu’en 2009. Dans le secteur du tourisme, le plus affecté, ce serait 36 milliards d’euros de chiffre d’affaire qui n’auraient pas été déclarés. Dans le même temps, de moins en moins de contrôles ont eu lieu. En 2010, la dernière année de la gestion de Silvio Berlusconi, le nombre des inspections a été divisé par 7 par rapport à 2009, et il a été 20 fois inférieur à celui de l’année 2007, qui avait été celle où le gouvernement s’était le plus investi dans la lutte contre la fraude fiscale, avec 84.091 inspections, contre 4.788 seulement en 2010.

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