L'Egypte post-Moubarak face à une grave crise économique

Des difficultés d'approvisionnement en essence en janvier ont provoqué une véritable ruée sur les stations-service, sur fond de rumeurs de pénurie et de flambée de prix à la pompe.

Mais réformer ce système risque de mettre le gouvernement nommé par l'armée en situation périlleuse.

"Changer la politique concernant les subventions aux produits alimentaires, à l'essence ou au gaz butane peut mener à un désastre politique", estime Hamdi Abdelazeem, économiste à l'Académie Sadate.

Avec à la clé des risques de troubles sociaux, voire des "émeutes du pain" comme le pays en a déjà connues.

Après des atermoiements, Le Caire a décidé de revenir vers le FMI pour solliciter un prêt de 3,2 milliards de dollars, et se tourne vers la Banque mondiale pour un milliard supplémentaire.

Mais le ministre des Finances, Momtaz Saïd, a évalué vendredi à 11 milliards de dollars sur deux ans les besoins pour soutenir les réformes.

Et le Premier ministre, Kamal al-Ganzouri, a reconnu lui-même que les milliards d'aide promis par les pétromonarchies du Golfe ne sont pour la plupart qu'à l'état de mirage.

Nombre d'Egyptiens redoutent aussi que la générosité des Européens ne soit revue au profit du sauvetage de la zone euro.

La situation politique encore confuse et les flambées régulières de violence n'encouragent ni les soutiens internationaux, ni les réformes internes.

Le pouvoir militaire est de plus en plus contesté, le gouvernement n'a plus que quelques mois à vivre avant une élection présidentielle, et les islamistes aux options économiques incertaines règnent désormais sur l'Assemblée.

Le président de la Banque mondiale Robert, Zoellick, a redouté jeudi des tensions autour de l'aide internationale à l'Egypte dont "les réserves sont à des niveaux bas", si les demandes de transparence et de démocratisation ne sont pas entendues.

"On a eu des gens dans les rues qui demandaient un système convenable, on a eu la destitution de [Hosni] Moubarak, mais on a toujours les militaires qui faisaient partie de l'ancien régime", a-t-il dit, en s'interrogeant aussi sur "comment les Frères musulmans, qui sont les grands gagnants des élections, vont gouverner".

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