Le granit noir du Zimbabwe, un produit de luxe qui suscite la convoitise |
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![]() Cet instituteur travaille au pied de la carrière gérée par l'entreprise Natural Stones Export Company (NSEC) qui a construit son école. Le quadragénaire lui reproche de ne pas l'entretenir: "ils essaient d'aider, mais quand on voit la taille de l'entreprise, ce n'est pas assez." "Le gâteau n'est pas assez gros", répond le Zimbabwéen Dave van Breda, directeur de NSEC, qui se targue d'avoir dépensé près de 200.000 dollars en oeuvres sociales (bourses scolaires, aide aux transport, réparation de puits...) en 2009. Son entreprise a également financé la remise en terre de vétérans de la guerre d'indépendance. Dans les années 70, les environs ont été un haut-lieu des combats contre le régime raciste de Rhodésie du Sud et restent un bastion du président Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980. "Dans une région comme celle-ci, si vous n'avez pas les communautés locales de votre côté, vous ne pouvez pas travailler", explique M. Van Breda. Ses concurrents les plus autarciques n'ont d'ailleurs pas survécu. "A l'heure actuelle, la plupart des carrières ont fermé", explique Rangani Nyangoro, un ouvrier de 32 ans. Lui s'estime chanceux d'avoir décroché un emploi chez NSEC malgré son manque de qualification. Il est payé 120 dollars par mois, contre 150 pour les fonctionnaires. "Ce n'est pas assez...", glisse-t-il pourtant, reprenant le credo de rigueur dans les environs. "C'est normal que les communautés se tournent vers nous: elles voient leur héritage partir à l'étranger et n'en profitent quasiment pas", admet M. Van Breda. Pour lui, le tort revient au gouvernement du président Mugabe qui a décidé il y a quinze ans de classer le granit noir comme minerai et non plus comme pierre. "Avant, on négociait avec les conseils locaux et on leur payait les impôts. Depuis 1995, les royalties vont à l'Etat, ce qui pose un problème parce que cet argent ne revient pas aux communautés", dit-il. Partageant cette analyse, l'Association de droit environnemental au Zimbabwe (Zela) milite pour qu'une partie des impôts soit reversée localement. "Les communautés souffrent des pollutions générées par les carrières, elles devraient aussi bénéficier de ses richesses", insiste son directeur Mutuso Dhliwayo. |
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