'Ce qui se passe en Europe est un pacte de suicide mutuel'

Blood-letting

« Cela me rappelle la médecine médiévale. C’est comme une saignée, lorsque vous préleviez du sang d’un patient parce que la théorie, c’est qu’il y avait de mauvaises humeurs. Et très souvent, lorsque vous préleviez le sang, le patient était encore plus malade. La réponse, alors, c’était encore plus de saignée, jusqu’à ce que le patient en meure presque. Ce qui se passe en Europe est un pacte de suicide mutuel», a affirmé l’économiste américain Joseph Stiglitz, qui a obtenu en 2001 le prix Nobel d’Economie, à un public de 2000 professionnels de la finance rassemblés à l’occasion du forum financier Asian Financial Forum, qui se tient à Hong-Kong.

Stiglitz, comme tous les keynésiens, estime que ce n’est pas le bon moment pour appliquer une politique d’austérité, et que l’on devrait réserver celle-ci pour les moments de prospérité économique. Il préconise plutôt de stimuler l’économie en investissant dans l’infrastructure, notamment sur des projets dans les domaines du transport et l’énergie.

Il a également déclaré que les économistes ne doutaient plus de la dislocation prochaine de l’euro, et que la question désormais était plutôt de savoir comment et quand cela arriverait. « Parmi les économistes, la discussion porte sur le meilleur moyen de mettre fin à l’euro », a-t-il expliqué. Cela pourrait être le mécontentement social qui pourrait le provoquer. Le chômage des jeunes en Espagne a dépassé les 40% depuis 2008. Pendant combien de temps vont-ils tolérer cela ? Les politiques du nouveau gouvernement consistent à administrer encore plus du même remède, si ce n’est pire. »

« L’autre fin possible pourrait survenir si la Banque Centrale Européenne refuse d’être le prêteur en dernier ressort de quelques pays, précipitant une crise. Nous pouvons être certains que les marchés vont être très volatiles et que la fin de l’Euro déstabilisera gravement l’économie mondiale ».

Stiglitz a également commenté la dégradation du FESF, le fonds de secours de la zone euro, par Standard & Poor’s, qu’il a jugée raisonnable : « le FESF essayait de faire effet de levier pour obtenir quelque chose avec rien, et cela n’aurait jamais pu marcher, et elle dit juste que cela ne va pas marcher ». 

  • Source:The Daily Telegraph
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