C'est à la Chine d'aider l'Europe à sortir de la crise de la dette

La crise européenne n’est plus seulement une crise européenne, elle est devenue un monstre qui pourrait engloutir l’économie mondiale. La Grèce, dont le PIB ne représente que 2% de celui de l’Union Européenne, c’est pas le plus gros problème. Le problème, c’est l’Italie, un des pays du G7, avec une dette de 1,9 milliers de milliards d’euros, plus importante que celles de l’Espagne, du Portugal, de l’Irlande et de la Grèce cumulées.

Les euro-obligations, que certains considèrent comme la panacée, ne sont guère envisageables : tout d’abord, ils seraient probablement illégaux du point de vue de la Constitution Allemande. De plus, en résolvant les problèmes de financement immédiat des pays en difficulté, ils les dissuaderaient de mener les réformes impopulaires dont ils ont désespérément besoin, aux frais des contribuables allemands. Ces derniers l'ont d'ailleurs parfaitement compris. Quant à l’union fiscale, elle prendra des années à se construire, alors que c’est maintenant, qu’il faut rassurer les marchés.

Pour Fareed Zakaria, rédacteur en chef de Newsweek International écrivant un éditorial dans le Washington Post, la seule solution, ce serait que la Chine accepte de prêter de l’argent à l’Italie. Récemment, elle a cependant poliment expliqué qu’elle attendait une contrepartie à son intervention : un plus grand accès au marché européen. C’est tout à fait classique de la diplomatie chinoise, écrit Zakaria : « prudente, graduelle, et étroitement centrée sur ses intérêts. »

Mais il estime qu’il est temps que la Chine adopte un concept plus large de ses intérêts et devienne une « partie prenante responsable » dans le monde. Si la crise européenne se transforme en une seconde récession globale, la Chine en serait lourdement affectée, parce que ses consommateurs européens et européens cesseraient d’acheter ses produits.

Bien sûr, il faudrait une compensation : cela pourrait être de lui donner un plus grand rôle au Fond Monétaire International (FMI). On pourrait même décider que Christine Lagarde serait la seule officielle de l’Organisation qui ne soit pas Chinoise, propose-t-il.

« Dans un monde inondé de dettes, le pouvoir se déplace sur les prêteurs ». Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, l’Amérique s'est imposée pour prêter de l’argent aux pays européens ruinés, et c’est de cette manière qu’elle s’est érigée en superpuissance. « La crise d’aujourd’hui représente l’opportunité pour la Chine de devenir une « partie prenante responsable », conclut le journaliste. 

 

  • Source:Washington Post
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