Euro : Game over bientôt?

Mercredi, les taux d’intérêt sur les obligations italiennes ont dépassé le seuil symbolique des 7% qui avaient forcé la Grèce, L’Irlande et le Portugal a solliciter un sauvetage de leurs autres partenaires européens, et se rapprochant des 8% déclarés insoutenables par Banque d’Italie il y a quelques jours. Finalement, l’euphorie des marchés à l’annonce de la nouvelle de la démission prochaine de Silvio Berlusconi, aura été bien éphémère.

"L’impensable – la dislocation de l’euro – est devenu trop envisageable. Je pense que la décision de la BCE d’augmenter les taux d’intérêt au début de cette année restera dans l’histoire comme un exemple classique d’idiotie politique. Nous serions tout de même probablement dans ce bazar même si la BCE n’avait pas augmenté les taux d’intérêt, mais la stupidité absolue de l’obsession de l’inflation alors que l’euro était manifestement en péril dépasse l’imagination. J’ai toujours peine à croire que l’euro va échouer ; mais il semble également inconcevable que l’Europe fera ce qu’il faut pour éviter cet échec". (Paul Krugman, du New York Times)

"La véritable valeur d’un prêteur de dernier ressort est de rassurer les investisseurs. Pourtant, l’achat d’obligations de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande par la BCE n’a pas stoppé les ventes massives des investisseurs.  Il ne s’agit pas d’un risque que n’importe quelle banque centrale responsable peut prendre seule. Après tout, le prêt de dernier recours est simplement la porte de secours de la mutualisation des risques. A tout le moins, il exige un mandat politique clair, et à présent, il semble moins que probable que la BCE puisse en acquérir un". (Wall Street Journal)

"Ce cycle peut-il être rompu ? Je le pense. Je pense qu’une garantie de la BC pour les emprunts d’Etat, couplée avec des achats massifs pour assoir la crédibilité et introduire beaucoup plus de souplesse dans la politique monétaire pourrait changer la dynamique, surtout si elle est rapidement suivie d’un engagement fiscal majeur des pays du cœur de la zone à soutenir les efforts requis par le sauvetage et à investir dans les économies de la périphérie, tandis que ces économies se concentrent sur des réformes importantes de leur marché du travail, de leur secteur public, et de leur fiscalité. Quelle est la probabilité de tout ceci ? La BCE pourrait-elle s’engager dans ces actions radicales sans faire face à des critiques déstabilisantes, et peut-être, même, une intervention des gouvernements nationaux ?" (The Economist)

Selon Reuters, la France et l’Allemagne ont engagé des pourparlers pour un remaniement de l’Union Européenne qui impliquerait la création d’une plus petite zone euro, qui n’intègrerait plus que des membres avec des économies fortes.

La Belgique, qui se trouve aujourd’hui à son 519ème jour de crise politique, n’est pas à l’abri d’une contagion de la crise de la dette grecque.

La Libre Belgique affirme que d'après des rumeurs, un rapport de l’OCDE qui ne sera publié qu’à la fin du mois décrirait le scénario d’une contagion de la crise grecque à la Belgique, et il préciserait qu’elle serait parmi les plus touchés des pays européens.

« Pour les marchés, il n’y a pas beaucoup de différence entre l’Italie et la Belgique. L’Italie a un semi-gouvernement et aucun budget. La Belgique n’a pas de gouvernement et aucun budget », écrit de Tijd.


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