Gouvernance économique: Paris et Berlin n'ont pas les mêmes priorités

Selon Frank Baasner, plusieurs pays, notamment du sud de l'Europe, redoutent que la récente conversion allemande ne masque une stratégie pour "imposer la vision de Berlin, axée essentiellement sur la discipline budgétaire".

En écho aux déclarations de Christine Lagarde, le commissaire européen à la Concurrence, l'Espagnol Joaquin Almunia, a ainsi rappelé qu'il fallait "faire attention aux autres déséquilibres", comme ceux de la balance des paiements ou ceux causés par le coût unitaire du travail, "et aussi aux pays qui ont des excédents".

Alors que la balance commerciale de l'Allemagne affiche mois après mois d'importants excédents, la France semble s'installer durablement dans le rouge. Du coup, la croissance allemande est tirée par les exportations alors que l'activité française repose sur la consommation des ménages.

"La France a un problème de compétitivité par rapport à l'Allemagne, et les Français verraient d'un bon oeil qu'il y ait plus de demande intérieure outre-Rhin", résume le directeur de l'institut de recherches européennes Bruegel, Jean Pisani-Ferry.

Ce débat dépasse toutefois le seul cadre franco-allemand.

Pour cet économiste, de nombreux pays frappés par la crise "auront du mal à s'en sortir si la demande intérieure ne se renforce pas en Allemagne".

"Aujourd'hui on s'aperçoit que la conception traditionnelle de surveillance des déficits budgétaires ne suffit pas à prévenir les déséquilibres", explique Jean Pisani-Ferry, qui cite l'exemple de l'Espagne: "Ce pays avait une très bonne situation budgétaire avant la crise, ça ne l'a pas empêché de se trouver dans une situation de déséquilibre économique massif, notamment car il avait, dès 2007, un déficit extérieur de près de 10% du produit intérieur brut".

  • Powered by:AFP
Share
NOMINATIONS
Rick Bomer Rick Bomer
Sales Director EMEA COALESSE - STEELCASE
Laurent Chokoualé Datou Laurent Chokoualé Datou
Chairman EU Public Affa... WEBER SHANDWICK
DERNIERES VIDEOS