La crise de l'euro s'explique en une phrase et un graphique

Porsche Cayenne

Dans un éditorial du Financial Times, Paul Krugman, l’économiste néo-keynésien lauréat du prix Nobel d’économie en 2008, explique finalement la crise de l’euro en une seule phrase :

« Il s’avère finalement que ce qui s’est produit,  c’est qu’en adhérant à l’euro, l’Espagne et l’Italie ont été réduites au statut de pays du tiers monde, qui doivent emprunter dans la devise d’un autre pays, avec toute la perte de flexibilité que cela implique. »

La crise n’a pas affecté d’autres pays tout aussi massivement endettés, comme le Japon, le Royaume Uni, ou encore les Etats Unis, parce que ces pays empruntent dans leur monnaie, et ils peuvent, le cas échéant, émettre de la monnaie en cas d’urgence, ce que les pays européens ne peuvent pas faire.

Scotty Barber, un analyste de Reuters, a conçu un graphique étonnant, qui compare les moyennes mobiles des immatriculations de voitures en Grèce avec le spread de taux entre les obligations Grecques et allemandes (l’écart de taux d’intérêts payés par les deux pays sur leurs emprunts). Pour rendre son graphique plus lisible, il a inversé l’échelle des immatriculations de voitures en Grèce : tandis que les taux d’intérêt se mettaient à augmenter, le nombre d’immatriculations plongeait.

Que faut-il comprendre ? L’introduction de l’euro a permis aux pays européens d’emprunter à des taux assez faibles, ce qui a suscité une frénésie de dépenses à crédit en Grèce (portant notamment les voitures allemandes, dont certains modèles de Porsche remarquablement populaires en Grèce)

 

Depuis l’introduction de l’euro, l’Allemagne est le seul pays de la zone à avoir amélioré le solde de sa balance commerciale. La France et l’Italie, dont les balances commerciales étaient excédentaires avant l’arrivée de l’euro, sont désormais en déficit commercial.

Schématiquement, les PIIGS sont devenus les consommateurs à crédit des produits allemands.

La situation de la Grèce est comparable à celle de l’Argentine au début des années 2000, lorsque le peso argentin était lié à l’évolution du cours du dollar dans le cadre du currency board pour limiter l’inflation. Ce système a très bien fonctionné jusqu’à ce que le cours du dollar se mette à monter à la fin des années 1990.  L’Argentine a alors sombré dans une très grave crise économique, et a fait faillite.


  • Source:The New York Times
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