La crise grecque résumée en un graphique

Des milliers de Grecs participent aujourd’hui à une grève générale, la troisième cette année, qui paralyse les ports, les transports publics, les banques et les sociétés nationalisées. Les hôpitaux ne répondent plus qu’aux urgences. 

A Athènes, les policiers ont envoyé des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants qui leur ont répondu en lançant des yaourts et des pierres, en marge d’une manifestation contre le nouveau plan d’austérité du gouvernement Papandreou. Les manifestants, qui se surnomment "les indignés", voulaient empêcher les députés d’entrer dans le parlement. Aujourd'hui, en effet, le Parlement grec discute d’un plan drastique de réduction des dépenses, qui sera voté le 30 Juin prochain.

Le gouvernement Papandréou veut réduire les dépenses de 28 milliards d’euros entre 2012 et 2015. Mais sa majorité est désormais très affaiblie. L'un des députés de son parti, le Pasok, a démissionné mardi, et le parti ne dispose plus que d'une majorité de 155 sièges sur 300. Un autre député du Pasok a menacé de voter contre le plan de mesures. Enfin, 14 autres députés sont encore hésitants...

Si son plan est approuvé, les dépenses du gouvernement seront réduites, et les impôts augmentés simultanément. Il est aussi prévu de privatiser des entreprises d'Etat. Cela devrait permettre de rapporter 50 milliards d'euros. 

Le vote de ce plan est une des exigences de l'Europe pour que le pays puisse obtenir une nouvelle tranche du plan de sauvetage de la part des autres pays de la zone euro, et une seconde aide financière. L’année dernière, Athènes avait obtenu 110 milliards d’euros de prêts d’urgence de la part de  l'UE et du Fonds monétaire international (FMI), et 53 milliards d’euros ont déjà été versés dans le cadre de ce plan, mais ils n’ont apparemment pas suffi.

Les pays de la zone euro et la Banque Centrale Européenne (BCE) se sont réunis hier pour discuter d’une solution, mais n’ont pas réussi à s’entendre. L’Allemagne estime que les investisseurs privés devraient participer au nouveau plan de sauvetage, peut-être à hauteur de 30 milliards d’euros, alors que la BCE et la majorité des pays européens estiment que cela constituerait un signal de défaut qui pourrait déclencher un effet de domino préjudiciable à toute la zone. Didier Reynders, le ministre des Finances, a indiqué que les discussions seraient poursuivies au cours d’un dîner qui doit avoir lieu dimanche.

Selon les agences de notations, le pays est au bord de la faillite. Standard and Poor’s a porté la note de la Grèce à « CCC » dimanche dernier, la pire note des 131 pays suivis, et on a appris aujourd’hui que l’agence de notation a également dégradé 4 banques grecques qui ont également reçu la note « CCC ». 

CDS

 

 

 

 

Sur le graphique ci-contre, on comprend quel est le vrai problème de la Grèce.

L'intérêt que la Grèce doit payer pour emprunter de l'argent sur le marché financier augmente chaque jour et il est maintenant de l’ordre de 17.9% (intérêt sur les obligations à 10 ans - et proche de 28% pour les obligations à 2 ans).

 

 

 

 

 

 

 

Les spéculateurs achètent des CDS (credit default swaps) pour gagner rapidement de l'argent en misant sur l'effondrement de la solvabilité d'un pays. Dans un tel contrat, le crédit de l'obligation est transféré à des tiers, en cas de survenance d’un défaut de paiement, un peu comme un contrat d’assurance. Comme les prix des obligations baissent et qu’il est de plus en plus incertain de récupérer leur valeur nominale, la valeur du contrat augmente. Les CDS sont principalement utilisés pour lutter comme une couverture contre un défaut de paiement, mais font également l'objet de spéculation pure.

 

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