La financiarisation de la sociéte belge progresse, l'exclusion financière aussi

En Belgique, la financiarisation a progressé en 2011. En effet, on observe un nombre croissant de comptes à vue par personne, une augmentation des cartes de crédits à la consommation, de plus en plus d'usagers de crédits, une hausse des comptes d'épargne ainsi qu'une explosion du nombre de personnes possédant une assurance soins de santé par un assureur privé. Mais, parallèlement, l'exclusion financière se renforce en nombre et en intensité, comme l'indique aujourd'hui le Réseau Financement Alternatif avec son premier rapport sur l'inclusion financière en Belgique. Cette exclusion est d'autant plus frappante que la financiarisation de la société belge est en progression.

Par "exclusion financière", on entend le processus par lequel une personne rencontre des difficultés pour accéder à et/ou utiliser les services et produits financiers proposés des prestataires "classiques", adaptés à ses besoins lui donnant la possibilité de mener une vie sociale normale dans la société à laquelle elle appartient. Le communiqué du RFA précise :"De plus, il est généralement admis que l'exclusion financière ne constitue qu'une facette de l'exclusion sociale, phénomène plus large affectant certains groupes qui n'ont pas accès à des services de qualité essentiels comme l'emploi, le logement, l'éducation ou les soins de santé."

Par ailleurs, on note un accroissement du nombre de personnes en défaut de paiement, du nombre de crédits défaillants et du nombre de personnes en règlement collectif de dette. Soulignons qu'en Belgique, il existe encore 95.000 personnes appartenant à un ménage dont aucun membre ne possède de compte à vue.

RFA préconise qu'en matière de crédit à la consommation, «des mesures strictes et objectivables de pratiques jugées responsables ou non devraient être élaborées pour rendre le marché des ouvertures de crédit (OC) destinées aux ménages à revenus modestes plus sûr, notamment en vérifiant et en adaptant le montant de l'OC aux revenus mensuels des demandeurs. D'autre part, les achats précis, importants, ne devraient être autorisés en grande surface que par des prêts à durée déterminée."

Pour le RFA, étant donné l'accroissement du recours au crédit et des défaillances de remboursement, "il est probable que l'usage de l'épargne ne soit pas généralisé dans toutes les couches de la population mais aucune donnée ne permet à ce jour d'objectiver cette réalité. Le RFA propose de soutenir la mise en place de groupes de micro-épargne qui, en certains cas, permettent à leurs usagers de rentrer dans une culture de l'épargne et de les rendre moins vulnérables aux accidents de la vie."

Enfin, concernant l'assurance soins de santé et hospitalisation, le RFA fait remarquer que "des frais importants ne sont pas couverts par l'assurance obligatoire et entraînent la nécessité de contracter une assurance privée. Or, une moitié de la population est privée d'une telle assurance. Le coût sociétal d'un recul en ces matières devrait être étudié avec soin afin d'éviter que la quantité et la qualité des soins dont auraient besoin les citoyens ne se dégradent à l'avenir."

 

 

 

  • Source:Trends - Tendances
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