La France conserve sa note AAA: un manque affligeant d'objectivité de la part de Fitch?

La direction de l’agence de notation Fitch a profondément agacé le gouvernement italien mardi, en affirmant que le pays était au centre de la crise de la dette en Europe, et que pour cette raison, sa note méritait d’être dégradée davantage. David Riley, l'un de ses économistes, a rappelé au cours d’une conférence à Londres que l’Italie devrait emprunter 440 milliards d’euros cette année, et n’a pas manqué de souligner que c’était très inquiétant, compte tenu des taux d’intérêt qu’elle est obligée de servir actuellement. Ceux-ci étaient de 7,13% pour les obligations d’Etat à 10 ans hier, dépassant le seuil de ce qui était jugé supportable, c'est-à-dire 7%.

Au cours de cette même conférence, cependant, Riley a indiqué qu’il était improbable que Fitch dégrade la note de la France, alors que cette menace avait plané durant tout le mois de décembre. Cela a mis la classe politique italienne en émoi. « il faut que ce soit un acte de terrorisme financier », a déclaré la députée Margherita Boniver au Wall Street Journal.

Le journal économique Sole 24 Ore s’en est également ému, et il soupçonne Fitch de manquer de partialité : « Après une paire de semaines de silence, les oracles des agences de notation ont repris leurs prophéties. Hier, Fitch, qui est contrôlée par une société française [Fimalac], a exprimé des réserves sur l’Italie, garantissant la poursuite d’un avenir magnifique pour la France. Et que sont devenus les risques de dégradation des obligations françaises qui avaient surgi brutalement en décembre ? Où se sont-ils évanouis ? La teneur de ces évaluations volatiles semblent être bien faible, hormis le risque de déclencher la volatilité des obligations souveraines, et les fondamentaux réels comptent bien plus. (…)

Quels peuvent être les remèdes aux dégâts causés par les publications des agences de notation ? Leur disparition en tant que système de mesure de toute forme de régulation ; les notations pourront se poursuivre, mais pour n’être plus que les évaluations émises par des compagnies privées orientées par le profit concernant la solvabilité des émetteurs d’emprunts, et ne pouvant se substituer aux évaluations indépendantes des émetteurs, et de façon plus importante, des évaluations réellement publiques des autorités de supervision ».


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