La leçon de Tel-Aviv : les BRIC ne sont pas à l'abri de l'agitation sociale

250.000 Israéliens, soit presque une personne sur 30, était dans la rue la semaine dernière. A l’origine, la grogne avait été initiée sur Facebook parce que les prix du fromage blanc avaient augmenté, puis elle s'est étendue sur le coût de la vie en général, et les manifestants ont réclamé des réformes sociales. En conséquence, les investisseurs paniqués ont délaissé les parts des sociétés possédées par les magnats israéliens, craignant que le gouvernement ne décide de procéder à la division de leurs conglomérats.

Il faut dire que le pays se targue d’être le cinquième pays le plus inégalitaire des pays de l’OCDE. Citigroup estime que les 10 plus grosses affaires familiales du pays contrôlent plus de 30% des actions de la bourse israélienne, alors que cette proportion est de 20% en Allemagne, et même de moins de 5% au Royaume Uni. Un quart des familles vivrait en dessous du seuil de pauvreté selon l’OCDE, une réalité économique qui reflète la mixité ethnique et religieuse du pays.

Bien sûr, il faudra plus que des manifestations pour disloquer ces quasi-monopoles. Mais elles témoignent que ce modèle économique a vécu, et que le pays ne peut plus continuer ainsi.

L'exemple israélien est un signal d’alarme pour les pays BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Comme ces pays, l’économie d’Israël est plutôt saine, et a évité la récession lors de la dernière crise financière. Le taux de chômage n’est que de 6%, l’index Tel Aviv 100 n’a jamais été aussi haut que cette année, et le budget de l’Etat est à l’équilibre. Beaucoup des dirigeants des BRICs croient qu’il suffit de satisfaire ces conditions pour garantir la cohésion sociale, mais visiblement, il n'en est rien. 

 

  • Source:Financial Times
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