La spirale mortelle de l'économie grecque est encore insuffisante pour l'Europe

Le 20 mars, la Grèce a une échéance de remboursement de 14,5 milliards d’euros, et pour pouvoir l’honorer, il est essentiel qu’elle puisse conclure un accord avec la zone euro pour bénéficier du versement d’un nouveau plan de sauvetage de 130 milliards d’euros. Les ministres des Finances de la zone euro, menés par Jean-Claude Juncker, ont posé hier trois conditions à la Grèce pour lui permettre de le recevoir :

- Le parlement grec doit procéder à la ratification de ce plan de sauvetage pour dimanche ;

- Le gouvernement doit trouver 325 millions d’euros de réductions des dépenses publiques supplémentaires

- Il doit en outre donner « des assurances politiques fortes des dirigeants des partis de la coalition » que les réformes seront bien mises en place comme convenu.

En effet, Antonis Samaras, le leader du parti conservateur grec, n’a toujours pas signé la lettre engageant les membres de la coalition à pratiquer des réductions des dépenses publiques et à mettre en place des réformes. Les ministres se réuniront de nouveau mercredi prochain pour prendre la décision finale, et ils veulent s’assurer que lorsqu’un gouvernement définitif sera nommé, il poursuivra les réformes à la suite du gouvernement provisoire de Lucas Papademos.

Mais les données de l’autorité hellénique des statistiques indiquent qu’il est peut-être déjà trop tard. Elles témoignent d’une sinistre accélération de la destruction de l’économie grecque  :

- La production manufacturière a chuté de 15,5% en une année en décembre par rapport à l’année dernière ;

- La production industrielle est tombée de 11,3% en un an, alors que la contraction n’était encore que de 7,8% en novembre ;

- Le chômage qui était encore de 18,2% en octobre, a grimpé à 20,9% en novembre.

« Voici ce à quoi ressemble une spirale de la mort », commente Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph. C’est ce qui arrive lorsque l’on rejoint un système monétaire à parité fixe, puis que l’on creuse des dettes très importantes dans ce qui correspond finalement à une monnaie étrangère, et enfin, lorsque l’on se voit imposer simultanément des mesures de contraction fiscales et monétaires.

C'est ce qui était arrivé à l’Allemagne entre 1925 et 1929 lorsqu’elle avait emprunté massivement après la Première Guerre Mondiale pour payer les Réparations à la France auprès des banquiers américains. Et lorsque la Fed a augmenté les taux d’intérêt à partir de 1928, l’Allemagne s’est effondrée de la même manière que la Grèce est en train de le faire.

Le journaliste appelle à se souvenir que les Grecs sont parmi les plus travailleurs de la zone euro, avec un horaire hebdomadaire de 42 heures.

Cependant, aujourd’hui, ils ont entamé une nouvelle grève générale, de 48 heures cette fois-ci, pour dénoncer les mesures d’austérité imposées par l’Europe.

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