L'AIE décide de libérer 60 millions de barils des réserves stratégiques de pétrole

"Aujourd’hui, pour la troisième fois de l’histoire de l’Agence Internationale de l’Energie, nos pays membres ont décidé de relâcher des stocks ", a déclaré Nobuo Tanaka, le Directeur Exécutif de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) basée à Paris, commentant l’annonce de la mise à disposition de 60 millions de barils de pétrole provenant des réserves stratégiques mondiales de pétrole. Il a également expliqué que cette relâche avait lieu en réponse à une "menace imminente de pénurie".

L’administration Obama a pour sa part indiqué que la mesure avait été prise en réponse aux troubles au Moyen Orient et en Libye, et pour écarter une possible flambée des prix de l’énergie. Les Etats Unis vont prélever 30 millions de barils sur les 630 millions mis à disposition, le reste étant partagé entre l’Europe pour 30% et les pays de l’Océan Pacifique pour 20%. Les officiels de la Maison Blanche ne savent pas comment cette mesure va agir sur les prix du carburant à la pompe, bien que la décision devrait augmenter la quantité de carburant disponible au moment crucial des départs de congés annuels.

La mesure a surpris beaucoup d’analystes dans la mesure où les cours du pétrole ont baissé depuis une vingtaine de jours. Elle a provoqué une chute des cours, qui sont tombés à leur plus bas niveau depuis février dernier.

Reuters rapporte que les officiels de l’OPEP ont estimé que cette mesure était injustifiée. "Je ne sais pas comment cette interférence se justifie sur le marché ", a commenté un officiel iranien à Reuters sous couvert d’anonymat. La mesure a eu lieu après que l’OPEP a refusé d’augmenter la production de pétrole lors de sa dernière réunion du 8 juin dernier, et confirme la vulnérabilité grandissante du cartel.

Créées en 1974 par l’AIE après l’embargo arabe du pétrole, ces réserves ont été mises en place avec le concours de 28 nations, et s’élèvent aujourd’hui à un total de 4 milliards de barils. Elles n’ont fait l’objet de prélèvements qu’en 1990, lors de l’invasion de l’Irak au Koweït, et en 2005, après le passage de l’ouragan Katrina qui avait endommagé des plateformes pétrolières et des raffineries dans le Golfe du Mexique. 

 

Sur le graphique suivant de FinViz on voit bien la chute du cours du pétrole brut dès les premières heures qui ont suivi l'annonce de l'AIE :


 

  • Source:CNBC
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