Le déni est la stratégie de Jean-Claude Trichet

Alors qu’aux Etats Unis, la Politique monétaire de la Fed ne suit pas les recommandations des partisans de l’austérité budgétaire, en Europe, les politiques monétaires sont guidées par l’illusion qu’un relèvement des taux d’intérêts et une réduction drastique des dépenses publiques vont ramener la confiance des entreprises du secteur privé, qui vont à leur tour créer des emplois, écrit le Prix Nobel d’Economie Paul Krugman, dans The New York Times.

Les prêts d’urgence des pays en difficulté n’ont été consentis qu’en échange de promesse de réductions sauvages des dépenses publiques, et personne n’a défendu cette politique plus âprement que le président de la Banque Centrale Européenne, Jean-Claude Trichet, rappelle-t-il. Sous sa houlette, l’austérité a été administrée comme une potion magique qui pouvait être administrée partout, y compris dans des pays comme le Royaume Uni et les Etats Unis qui ont toujours des taux de chômage forts et ne rencontrent pas de pression de la part des marchés financiers.

Malheureusement, la fée confiance a refusé obstinément d’apparaitre, et l’Europe est au bord d’une nouvelle crise financière, tandis que les pays les plus endettés déclinent de plus en plus à cause de ces politiques d’austérité. La Grèce et l’Irlande ne pourront vraisemblablement jamais rembourser leurs dettes, et l’Espagne le pourra peut-être, mais au prix de la poursuite de mesures extrêmement sévères. Finalement, estime-t-il, il faudra bien que l’Europe se prépare à une restructuration de sa dette, en combinant  des aides de la part des pays les plus forts, et une annulation d’une partie des créances de créanciers privés.

Ce n’est pas gagné. L’Allemagne n’est pas enthousiaste à l'idée d'aider ses voisins, bien que ses banques soient largement impliquées dans les économies défaillantes.

Mais c’est la BCE qu’il juge très sévèrement, l’accusant de se conduire comme si elle voulait provoquer une crise financière. La banque centrale de l’Europe a commencé à relever ses taux directeurs en ignorant le terrible état dans lequel se trouvent plusieurs pays européens. Ses administrateurs refusent toujours l’idée d’une restructuration de la dette grecque, et menacent de cesser d’apporter leur soutien au système bancaire grec, ce qui provoquerait la sortie de la Grèce de l’euro par ricochet, et entraînerait à son tour la chute d’autres pays européens.

A quoi pense donc la BCE ? Il pense pour sa part qu’elle continue de se voiler la face pour ne pas affronter l’échec de ses choix économiques…  

 

  • Source:The New York Times
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