Le retour de la mainmise sur les salaires des PDG : le CEO américain le mieux payé l'année dernière a reçu 145 millions de dollars

Le Guardian rapporte qu’après avoir stagné ou baissé sur les deux dernières années, les salaires des CEO américains ont connu des augmentations d’entre 27 à 40% l’année dernière. C’est le résultat d’une enquête de grande ampleur réalisée par GMI ratings sur 2647 entreprises. Le CEO américain le mieux payé en 2010 a reçu un salaire de 145,2 millions de dollars.

En 2009, les salaires n'avaient connu que des augmentations modérées de 2% environ par rapport à l'année catastrophique 2008, et les salaires des patrons avaient alors baissé, mais ils se sont bien rattrapés. "Les salaires des autres catégories professionnelles ont diminué, ou stagné pendant cette période, et nous ne parlons que de ceux qui ont un travail", affirme Paul Hodgson, un chercheur chez GMI. Les patrons ont vu toutes les composantes de leur rémunération augmenter de façon importante : les primes, les pensions, les indemnités, et les avantages divers.

Curieusement, aucun banquier ne fait partie des plus gros bénéficiaires. En revanche, 3 des 10 patrons les mieux payés sont issus du secteur pharmaceutique. C’est John Hammergren le CEO de McKeeson, qui a le plus gagné, avec un salaire de 145 millions de dollars, pour la plus grande majorité sous forme de stock options. Et ce n’est pas fini, puisqu’il a négocié un parachute doré de 469 millions de dollars d’indemnités de départ qu’il pourrait recevoir en cas de revente de McKeeson.

Après deux années de baisse, les cours des actions sont repartis à la hausse en 2010, et c’est sur la part de leurs émoluments en stock-options que ces grands patrons ont enregistré les hausses les plus importantes. 

2010 a également été un grande année pour se voir débarquer de son poste de PDG. Ainsi, Ronald Williams, anciennement à la tête de la compagnie d’assurance santé Aetna, a revendu son portefeuille de 2,4 millions d'options et en a retiré un bénéfice de 50 millions de dollars. Le comble, c’est que sous sa direction, de 2006 jusqu’à 2010, la cote d'Aetna a perdu 70%. C’est un peu le même scénario pour Thomas Ryan, l’ex-CEO de la chaîne pharmaceutique CVS, qui a empoché 28 millions de dollars sur ses stocks options au moment de son départ après 13 ans à la tête de l’entreprise, durant lesquels le titre a chuté de presque 54%.

  • Source:The Guardian
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