Le Royaume Uni, pays refuge?... Et si la France avait raison? |
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![]() Récemment, Christian Noyer, le président de la Banque de France, suivi par le ministre de l’Economie français François Baroin, comprenant que la dégradation de la cote de crédit de la France était inévitable, ont tenté de riposter en attirant l’attention sur les problèmes de la Grande Bretagne, estimant qu’elle méritait plus de voir sa note baisser que la France. Mais pour le blog The Automatic Earth, il n’est pas évident que la France ait tort, et les invetsisseurs devraient se méfier du Royaume Uni qui ne justifie pas du tout son nouveau rôle de pays refuge, même s'il peut imprimer sa monnaie. Voici ces justifications : - La Grande Bretagne est le pays dont le secteur financier est le plus endetté de tous les pays du G10. Les dettes des banques représentent 600% du PIB, comme on le voit sur le graphique de Morgan Stanley, faisant du Royaume Uni le pays dont le secteur financier est le plus endetté.
- Les ménages britanniques sont surendettés. Selon Shelter, un organisme caritatif dans le domaine du logement, presque un million de Britanniques ont utilisé des crédits revolving pour payer leur location immobilière ou des échéances de crédit sur leur habitation l’année dernière. Selon la même association, 7 millions de Britanniques ont souscrit un crédit pour garder un toit au dessus de leurs têtes. Pour Ilargi, c’est aussi peut-être le signe qu’une bulle immobilière britannique est sur le point d’éclater. - Les ménages britanniques manquent d’épargne. 6 millions de foyers britanniques seraient incapables de survivre pendant plus de 5 jours si on cessait de les payer, et selon un rapporte de First Direct, une banque, un foyer britannique sur 3 dispose de moins de 250 livres d’économies. Un cinquième de tous les ménages britanniques n’ont aucune épargne. - L’économie britannique est entrée en récession. Selon Ernst&Young, le PIB du Royaume Uni s’est contracté sur le dernier trimestre de l’année dernière et il devrait poursuivre sa contraction sur ce trimestre. Et même si tous les problèmes étaient résolus, le PIB ne progresserait que de 0,2% cette année. En outre, on s’attend à une aggravation du chômage qui pourrait atteindre 8,8% à la fin de l’année prochaine. Selon les prévisions du Centre for Economics and Business, l’économie britannique va se réduire de 0,4% cette année, et de 1% si la zone euro se disloque. - Des pans entiers du secteur du prêt-à-porter sont au bord du gouffre, et les banques sont réticentes à les aider. Des dizaines de milliers d’emplois sont en jeu. - Le Royaume Uni est le pays dont le PIB s'est le plus réduit depuis la crise de 2008. John Ross, Visiting Professor au College Antai d’économie et de gestion de l’université Jiao Tong de Shanghai a publié un article sur son blog Key Trends in Globalization à propos du Royaume Uni dans lequel il explique que lorsqu’on compare toutes les valeurs des pays de l’Europe en dollars, en valeur courante, c’est l’économie du Royaume Uni qui s’est le plus contractée entre 2007 et 2010, et que la réduction de son PIB exprimée en dollars représente même 77% de la réduction de l’ensemble de l’UE.
La performance économique britannique a été pire que celle des pays de la zone euro, et même encore aujourd’hui, il manque 3,6% de PIB au Royaume Uni pour retrouver son niveau d’avant la crise de 2008, alors qu’il ne manque que 1,7% aux pays de la zone euro. Le Royaume Uni a connu une très forte inflation sur les deux dernières années qui a érodé le pouvoir d’achat des familles. Cette inflation s’explique pour partie par la chute de la livre par rapport au dollar (21% de baisse entre début 2008 et début 2012, alors que l’euro n’a chuté que de 11,4% sur la même période) qui a eu pour conséquence de surenchérir les importations en dollar. Il semble improbable que le Royaume Uni sorte de cette spirale du déclin dans un proche avenir, d’autant plus que le gouvernement s’est lancé dans une politique d’austérité qui a déjà beaucoup ralenti l’économie. En outre, l’ampleur de la réduction de l’économie britannique rend improbable un retournement rapide de la situation, et le Royaume Uni devrait continuer de perdre des places dans son positionnement international, conclut-il. |
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