Les Croates ont dit un timide 'oui' à l'euro. Faut-il s'en réjouir?

Le Washington Post rapporte que ce dimanche, 66% des électeurs croates ont dit oui à l’adhésion à l’Union Européenne lors d’un référendum. La participation électorale a été faible, puisqu’elle n’a été que de 44%. Si l’UE approuve l’entrée de la Croatie dans l’Union, le pays pourrait en devenir le 28ème membre à mi-2013. « C’est un grand moment dans notre histoire », a affirmé le président croate, Ivo Josipovic, à l’Associated Press. « Nous rejoignons des pays plus prospères en Europe ».

Il n’y a pas si longtemps, l’entrée de l’UE était synonyme de succès économique, avec des coûts d’emprunt réduits pour les pays membres et des investisseurs enthousiastes. Aujourd'hui, elle est loin d’être aussi prometteuse. On ne sait toujours pas quel sera le sort de la Grèce ; la Hongrie de Viktor Orban remet en question la place de l'UE dans son pays, et le Royaume Uni s'en désolidarise de plus en plus, alors que l'Union cherche à s’approfondir entre les différents membres.

Mais pour les Croates, l’adhésion pourrait permettre d’apporter une influence bienfaisante au pays. Elle serait aussi une manière de tourner la page de la guerre douloureuse des années 1990 avec la Serbie, lorsque l’ex-Yougoslavie s’est disloquée. La Croatie serait la première des Etats issus de l’ex-Yougoslavie à rejoindre l’UE.

Cependant, les premières années de l’adhésion de la Croatie à l’UE pourraient ne pas être si roses : elle devra renoncer à soutenir ses chantiers navals, un secteur important de son économie, et les autres domaines de son économie devront d’adapter à de nouvelles règlementations.

Le Washington Times avait déjà pressenti que cette adhésion, qu’il estimait motivée par la volonté de la classe politique de Zagreb de s’emparer des subsides européennes, ne serait pas forcément une bonne chose pour la Croatie, qui risque d’y perdre son agriculture et sa pêche. En outre, il avait prédit que la Croatie, profondément en crise, nécessiterait de constants plans de sauvetage, à l’image de la Grèce, et qu’elle coûterait une fortune aux contribuables européens et américains.

 

  • Source:The Washington Post
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