'Les Français n'ont pas pigé'

Eiffel Tower

« Le gouvernement français ne semble pas comprendre les implications véritables de l’euro, la monnaie unique que la France partage avec 16 autres pays de l’Union Européenne ». C’est par cette remarque assez sévère à propos de nos voisins que Martin Feldstein, professeur d’économie à Harvard, et conseiller du président américain Ronald Reagan, introduit un éditorial sur le Project Syndicate intitulé « the French don’t get it » (« Les Français ne pigent pas »)

Il fait ainsi suite aux déclarations que le Président de la Banque de France, Christian Noyer, avait faites avant les fêtes de Noël à propos du Royaume Uni, estimant que les agences de notation devraient d’abord lui retirer sa note triple A avant de soustraire celle de la France. Le Ministre français de l’économie, François Baroin, avait estimé quant à lui que l’on « préfère être Français plutôt que Britannique en ce moment sur le plan économique » .

L’économiste rappelle que le déficit budgétaire du Royaume Uni est peut-être plus important que celui de la France, (8,8% du PIB, contre 5,8% du PIB pour la France), mais que quelque soit sa situation économique, il a un avantage imparable sur la France : il peut imprimer sa monnaie, et notamment lorsqu’il doit payer ses dettes, ce qui signifie qu'a contrario de la France, il ne peut être mis en défaut. En outre, il peut réduire son déficit de compte courant en dévaluant la livre sterling contre le dollar pour se donner un avantage compétitif, ce que la France ne peut pas faire non plus dans le cadre de la monnaie unique.

« En attaquant la Grande Bretagne et en cherchant à faire augmenter les coûts d’emprunt britanniques, la France se met seulement davantage en conflit avec la Grande-Bretagne, tout en créant plus de tensions pour l’Europe dans son ensemble », juge Feldstein.

« Stopper la crise financière de l’euro ne nécessite pas une union fiscale, ou un accord de soutien financier de la part de l’Allemagne. Cela dépend de la capacité de chaque pays de la zone euro, et notamment de l’Italie, de l’Espagne et de la France, à réaliser les changements dans leurs structures de dépenses domestiques et leurs systèmes de taxation pour convaincre les investisseurs financiers internationaux qu’ils évoluent vers des excédents budgétaires et qu’ils réduisent leur ratio de dettes par rapport à leur PIB. »

« La France devrait concentrer son attention sur ses problèmes fiscaux internes et la très mauvaise situation de ses  banques commerciales, plutôt que de fustiger la Grande Bretagne, ou d’appeler à des changements politiques qui ne vont pas se produire », conclut-il.

Share
La bourse
Air France-KLM (AF)
Cours 3.44 Clotûre veille 3.4
Haut 3.52 Bas 3.38
25/05/2012 17:35
NOMINATIONS
Celine Roosen
Director of Sales & Mar... GHENT MARRIOTT
DERNIERES VIDEOS