'Les jeunes Européens sont sacrifiés' |
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Greek protest against austerity cuts![]() Il semble de plus en plus que nos économies européennes ont entamé un épisode de stagflation, (croissance nulle et inflation combinée), et en même temps, la situation des pays européens est de plus en plus disparate. Normalement, les gouvernements peuvent utiliser des stimuli fiscaux pour relancer la demande et juguler la stagflation, qui s’accompagne souvent de chômage. Mais comme ils n’ont jamais été aussi endettés, ils n’ont même plus la possibilité de recourir à leurs instruments traditionnels de relance économique, explique Bruno Colmant, professeur à la Vlerick Management School et à l'UCL, membre de l'Académie royale de Belgique dans un éditorial de Trends-Tendances. Les dettes publiques sont devenues abusives parce que les transferts sociaux ont augmenté en situation de crise, alors que dans le même temps, les revenus de l’Etat qui les financent, se sont réduits. Les marchés financiers et la crise bancaire ne sont donc nullement responsables de la crise de la dette. Certains Etats peuvent créer de la monnaie pour se soustraire de leurs dettes, mais cette solution génère de l’inflation. Ces problèmes affectent aussi la Belgique, et la compétitivité de notre pays est affaiblie parce nous avons monté un Etat-Providence qu’il faut financer par la fiscalité sur le travail. L’impôt et l’inflation comme moyens de réduire la dette apparaissent de plus en plus comme une menace sur l’économie de marché, parce qu’ils ont atteint un tel niveau qu'ils fonctionnent quasiment comme une confiscation, une nationalisation de la création de richesses issues du capital et du travail. La dette est fondée sur une hypothèse de prospérité future de l’économie, et de cette manière, elle est anti-démocratique, car elle fait reposer sur les générations futures les contraintes toujours croissantes de la fiscalité, de l’inflation, et d’une monnaie dévaluée par la création monétaire qui pèseront sur le capitalisme individuel, et ne laisseront guère de choix aux citoyens. Les tensions qui vont en découler s’accompagneront de troubles sociaux, aggravés par les fractures générationnelles. Les jeunes comprendront en effet qu’ils sont les grands lésés de ce scenario et ils refuseront de subir les conséquences de ces politiques. « Le chemin sera sinueux entre le libéralisme de l'économie de marché et le socialisme «redistributif», mais l'instant de vérité de notre modèle social est proche », conclut Bruno Colmant. « A un moment, il faudra se débarrasser des vieux réflexes idéologiques des années 1970 et admettre que la compétitivité de notre économie passera par l'acceptation d'un modèle d'économie de marché ».
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