Les troubles dans le monde : un 'Grand Bouleversement' ou un 'Grand Changement'? |
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Occupy Wall Street![]() Les mouvements de protestation qui se répandent un peu partout, de Tunisie à Wall Street en passant par Tel Aviv, nous indiquent que nous sommes en train d’assister à un phénomène mondial, écrit le journaliste Thomas L. Friedman dans sa colonne du New York Times. Certains parlent déjà de « Grand Bouleversement, tandis que d’autres, plus humbles, n’y voient qu’un « Grand Mouvement ». L’environnementaliste australien Paul Gilding, auteur de l’ouvrage « Le Grand Bouleversement » estime que ces mouvements témoignent de ce que le capitalisme obsédé par la croissance est arrivé au terme de ses limites financières et écologiques, et que nous sommes témoins de sa dislocation. Pour cet auteur, Occupy Wall Street est comme le petit garçon du conte d’Andersen qui révèle ce que personne ne voulait dire, à savoir que l’empereur est tout nu. Le capitalisme nous avait promis que si nous laissons fonctionner le système, en permettant aux riches de s’enrichir et aux firmes de ne penser qu’aux profits en les laissant polluer impunément, nous irions tous mieux. Ce ne serait peut-être pas réparti de façon équitable, mais les pauvres seraient moins pauvres, il y aurait du travail pour tous, les jeunes seraient récompensés de faire des études, et nous aurions trouvé des remèdes pour régler les problèmes de l’environnement. Mais nous n’avons obtenu que des promesses rompues. Les riches sont de plus en plus riches, et les entreprises font des bénéfices – et leurs cadres sont richement récompensés. Mais au même moment, les gens croulent sous les dettes de leurs emprunts, contractés pour leur propriété, ou pour leurs études ; beaucoup de ceux qui travaillaient dur se retrouvent au chômage, ceux qui ont fait des études difficiles ne trouvent pas de travail, et l’environnement est de plus en plus dégradé. Et les gens réalisent que pour leurs enfants, cela sera encore plus dur… « La plupart des gens, y compris ceux de la classe moyenne hautement éduquée, ressentent les effets d’un système qui a vu toute la croissance des trois dernières décades revenir à une petite élite qui constitue les 1% ». John Hagel III, Président du Center for the Edge chez Deloitte, et John Seely Brown, qui ont co-écrit « The Power of Pull », ont une toute autre analyse. Eux jugent que nous vivons les premiers instants d’un « Grand Mouvement », né de la mondialisation et de la Révolution des technologies de l’information. A ce stade, nous subissons une montée en pression, des détériorations de performance et du stress, parce que nos institutions et nos pratiques conviennent de moins en moins. Et ces dysfonctions génèrent des mouvements de protestation. Le Grand Mouvement s’accompagne d’un énorme flot international d’idées, d’innovations, de nouvelles manières de collaborer et de nouvelles opportunités de marché. Il s’enrichit et s’accélère en permanence. Aujourd’hui, pour gagner en productivité, en croissance et en prospérité, il est nécessaire de se laisser emporter par ce flot, ce qui suppose de développer ses talents en permanence. « Au fur et à mesure que ce flot gagne de l’élan, il sape les précieux stocks de savoirs qui nous avaient donné la sécurité et la richesse dans le passé. Il nous invite à apprendre plus vite en travaillant ensemble et à tirer davantage parti de notre potentiel réel, à la fois sur le plan individuel et sur le plan collectif. » Les entreprises ont désormais accès à des logiciels, des robots, de l’automatisation, de la main d’œuvre, et du génie pour moins cher. Mais le revers de la médaille, c’est que les individus aussi y ont accès. De partout, aujourd’hui, on peut suivre les cours des meilleures écoles, démarrer une entreprise avec le monde entier pour client, ou collaborer avec des gens venus de partout, en s’affranchissant des limites physiques. Nos problèmes sont plus gros qu’ils ne l’ont jamais été, mais parallèlement, nos solutions sont aussi bien meilleures. Voilà deux histoires, l’une qui évoque une menace, et une autre, qui parle d’opportunité, à vous de choisir, conclut Thomas Friedman : « Mon cœur est avec Hagel, mais ma tête sait qu’il ne faut pas ignorer Gilding ». (Photo: |
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