'L'Europe souffre de la gangrène économique de l'insolvabilité'

La récente victoire électorale du parti de droite populiste des « Vrais Finlandais », qui a largement proclamé qu’il s’opposerait au plan de sauvetage du Portugal avant les élections, souligne l’irrésistible montée en puissance des partis d'extrême droite et populistes anti-euro.

"l'Europe souffre de la gangrène économique de l'insolvabilité, à la fois publique et privée. Si nous n'amputons pas ce qui ne peut être sauvé, nous risquons d'empoisonner son corps entier", écrit Timo Soini, le leader des Vrais Finlandais dans un éditorial du Wall Street Journal. Il explique que les contribuables sont rançonnés, et qu’une ‘symbiose’ s’est formée entre les banques et les gouvernements : les dirigeants des gouvernements empruntent toujours plus d’argent pour renflouer les banques, qui en retour leur en prêtent toujours plus.

Dans une économie de marché normale, les banques insolvables se seraient effondrées. Mais les gouvernements ont décidé de transférer les pertes des banques sur le contribuable, au moyen de prêts, de garanties et de dispositifs « opaques » comme le Fond européen de Stabilité Financière.

« L’argent n’est pas allé aider les économies endettées », affirme-t-il. « Grâce à la BCE et aux Etats récipiendaires, il est allé dans les coffres des grosses banques et des fonds d’investissement ».(…) « Pourquoi le racket de Bruxelles-Francfort a-t-il forcé ces pays [ceux qui ont bénéficié des plans de sauvetage] à accepter l’argent et les plans de « relance » qui devaient échouer inévitablement ? Parce qu’ils devaient contenter les banques gourmandes de l’argent des impôts, qui auraient pu sinon refuser de se présenter à la prochaine adjudication d'obligations espagnoles, belges, italiennes ou même françaises. Malheureusement pour ce cartel financier et politique, leur plan ne marche pas. Déjà sous cette combine, la Grèce, L’Irlande et le Portugal sont ruinés. Ils ne seront jamais capables d’économiser et de générer assez de croissance pour rembourser les dettes que Bruxelles leur a mises sur le dos en appelant cela un sauvetage. »

Il préconise de libérer le marché, et de laisser tomber les établissements financiers défaillants « pour purger l’insolvabilité du système ». Les banques qui nécessitent des recapitalisations devraient être nationalisées, et leur conseil de direction, remplacé. Il en va de même pour les Etats: ils doivent admettre leur insolvabilité et leur dette doit être restructurée pour permettre une relance économique.

«J’ai été élevé avec la notion qu’une guerre génocidaire ne devait plus jamais se produire sur notre continent et j’en suis venu à comprendre les valeurs et les principes qui ont motivé l’organisation à l’origine de ce qui est devenu l’Union Européenne », conclue-t-il. « Cette Europe, cette vision, était celle qui a offert au peuple de la Finlande et de toute l’Europe le cadeau de la paix sur la base de la démocratie, la liberté et la justice. C’est une Europe qui vaut le coup, et c’est donc avec une grande peine que je vois ce projet mis en péril par une élite politique qui sacrifie les intérêts des petites gens de l’Europe pour protéger les intérêts de certains grands groupes. »

 

  • Source:The Wall Street Journal
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