Libye : des actifs un peu partout

Bien que l'ONU ait ordonné le gel des actifs détenus directement ou indirectement par la famille Kadhafi, il est probable que cette résolution sera difficile à mettre en œuvre. En effet, les fonds libyens ont été massivement investis dans des parts de grands groupes internationaux dont beaucoup, pour l'instant ne se sont pas encore manifestés.

Cependant, lundi, l'homme d'affaires franco-tunisien Tarak Ben Ammar a envoyé une note à l'agence de presse italienne Adnkronos. En effet, il est le fondateur du groupe parisien Quinta Communications, qu’il dirige avec Silvio Berlusconi. Or, parmi les autres grands actionnaires de ce groupe, on trouve la société maltaise Lafi Trade, détenant 10 % des parts, elle-même détenue par Lybian Arab Foreign Investment Company, un fonds souverain libyen. Et ce n'est pas tout : dans sa note, M. Ben Ammar indique quelques autres grands groupes internationaux dans lesquelles le fonds libyen aurait investi :

- Royaume Uni : GlaxoSmithKline, Royal Dutch Shell, Standard Chartered (banque), Vodafone, Pearson et BP.

- États-Unis : Exxon, Chevron, Pfizer, Xerox, Halliburton (groupe de services pétroliers dans lequel l’ancien vice-président américain Dick Cheney a collaboré dans les années 90) et Honeywell (aérospatial).

- France : Alcatel Lucent (communication et défense), Lagardère (groupe de média également impliqué dans la défense et l’aérospatial par l’intermédiaire de son investissement de 7,5 % dans EADS), EDF, Vinci et BNP Paribas

 

- Italie : Unicredit (7,8 %) (banque), Finmeccanica (groupe industriel impliqué dans la défense) et ENI (société pétrolière partiellement nationalisée)

Selon d’autres sources, la Lybie aurait en outre investi dans les groupes suivants :

- Allemagne : Siemens

- Espagne : Repsol (groupe pétrolier)

- Suisse : Nestlé

Le groupe britannique Pearson, qui possède le Financial Times, est le seul au Royaume Uni à avoir gelé la part de ses actifs investis par des fonds souverains libyens. Quant à BP, il est concessionnaire de terrains et propriétaire d’investissements qui se montent à plus d’un milliard d’euros en Libye.

Le gouvernement des Etats Unis a annoncé avoir procédé au gel de près de 30 milliards de dollars de biens libyens, sans vraiment les détailler. L'Italie joue la carte de la transparence, sans bloquer les actifs en cause, tandis que le Royaume-Uni en gèle certains. Globalement, les pays d'origine de ces groupes n'ont pas réagi.

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