LinkedIn : au soir de l'introduction, une évaluation 'stratosphérique obscène' |
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![]() Les actionnaires de la première heure de LinkedIn ont dû se réjouir, parce que du point de vue de beaucoup, l’introduction en bourse du réseau social est une pleine réussite. Le titre, proposé à 45 dollars à l’ouverture, était valorisé à 95 dollar à la fermeture, soit 109% au dessus de son prix initial. Il faut dire que l’opération avait bénéficié d’un battage médiatique digne de celui d’un concert de rock star, à l’instar de ce qui s’était fait pour Glencore et Renren qui ont aussi connu un jour de gloire à leur introduction en bourse, commente le Financial Times. Et pourtant, il n’y a aucun miracle. Il est devenu courant, lors des introductions en bourse, de proposer des actions à un prix en deçà de leur valorisation réelle pour favoriser l’effet d’engouement du premier jour, et la montée en flèche du cours. Ainsi, des recherches ont montré que les marchés volatiles favorisaient les grosses prises de bénéfices au jour de l’introduction et que le tiers des titres qui avaient connu les plus grosses flambées de leur cours à leur introduction connaissaient de moins bonnes performances sur le long terme. Au bout de cinq ans, les performances des mêmes actions s’avérent moitié moindres que celle du tiers qui se sont le moins appréciées pandant leur journée d’introduction. Dans ce contexte, l’évaluation stratosphérique de LinkedIn, « obscène », même, selon le terme employé par Douglas Estadt de Edge Partners, devrait alerter l’investisseur, estime le Financial Times. De plus, s’il est normal de proposer un prix inférieur de 10 à 15% de sa valorisation réelle pour favoriser les ventes. Cependant, dans le cas de LinkedIn, il semble désormais évident que l’évaluation initiale était largement sous-évaluée. Pour Henry Blodget, dans Business Insider, cela signifie que la Bank of America et Morgan Stanley, qui ont piloté l’opération, ont « roulé » les fondateurs de LinkedIn, et permis à leurs meilleurs clients d’empocher 150 millions de dollars en payant les titres au rabais, leur faisant réaliser une plus-value qui aurait dû revenir aux créateurs du réseau social. Il n’en reste pas moins que les fêtes des investisseurs réjouis nous rappellent irrésistiblement les années 1999, à la veille de l’éclatement de la bulle dotcom. Michael Yoshikami, chief investment strategist chez YCMNET Advisors, un consultant financier, s’inquiète de cette similitude : “D’une certaine manière, les investisseurs achètent des parts de LinkedIn parce qu’ils ne peuvent pas acheter celles de Facebook. Tout le monde veut investir désespérément dans les media sociaux »
(Photo: TwitPic)
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