Mario Draghi : 'Pour sortir de la crise il faut restaurer la confiance avec de la discipline fiscale, et non détruire la crédibilité de la BCE'' |
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Mario Draghi![]() Dans une interview accordée au Financial Times, Mario Draghi, le Président de la Banque Centrale Européenne, a mis en garde contre les coûts qu’impliquerait l’effondrement de la monnaie unique. Il affirme que les pays qui quitteraient la monnaie unique auraient à faire face à de graves difficultés économiques. La dévaluation qu’ils devraient s’imposer aboutirait à une « grosse inflation », et ils ne seraient plus en état de mener les réformes structurelles qui s’imposent, « mais seraient bien plus affaiblis ». La brèche qu’ils auront créée dans la zone euro génèrerait beaucoup d’incertitude et « vous ne savez pas comment cela pourrait se terminer ». Pour combattre la crise de la dette, M. Draghi a souligné l’importance des mesures prises par la BCE à la fin de la semaine dernière pour résoudre les problèmes de liquidité des banques, et notamment un prêt sur 3 ans. Mais il estime qu’il incombe aux dirigeants de la zone de restaurer la confiance des investisseurs, avec de la discipline fiscale et en mettant le fonds de sauvetage (FESF) en ordre de marche. A partir de janvier, la BCE pourrait se comporter comme un agent à l’égard de ce dernier et il espère que le FESF pourrait être doté de moyens financiers à fin mars. Cependant, il s’est montré plus réservé sur le programme de rachats d’obligations souveraines mené par la BCE. Depuis mai 2010, celle-ci a acquis pour plus de 200 milliards de bons, provenant surtout des pays de la périphérie. Il s’est contenté d’indiquer qu’il maintiendrait ce programme tant que la fixation des taux d’intérêt par le marché serait « gravement altérée ». Mais il a confirmé qu’il n’était pas dans le rôle de la BCE d’effectuer ces achats, et qu'il appartenait aux différents gouvernements des différents pays d’obtenir la confiance auen imposant une discipline et des réformes. « La politique monétaire ne peut pas tout faire », a-t-il déclaré. Enfin, Draghi a rejeté pour la zone euro l’adoption d’une politique monétaire d’assouplissement quantitatif, basée sur des rachats importants d’obligations souveraines par la Banque Centrale pour stimuler la croissance, comme le pratiquent les Britanniques. « Ce qui compte, dans notre continent, c’est de restaurer la confiance des investisseurs, aussi bien que de celle des citoyens. Et on ne le fera pas en détruisant la crédibilité de la BCE ». |
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