Mario Draghi, 'plus dangereux que Kim Jong Il'?

Le dictateur nord coréen Kim Jong Il est mort ce samedi, mais selon Daniel Knowles du Telegraph, un autre est encore bien vivant : Mario Draghi, le Président de la Banque Centrale Européenne (BCE). Le journaliste britannique se réfère à l’interview que ce dernier a accordée au Financial Times, dans laquelle il martèle que la résolution de la crise de la dette incombe aux dirigeants des pays de la zone euro, et qu’elle dépend de leur capacité à réformer et à adopter une discipline fiscale. Draghi a rejeté la possibilité pour la BCE de mener une politique de création monétaire avec rachat massif d’obligations souveraines comme le fait la Banque centrale britannique, estimant qu’un assouplissement quantitatif aurait pour effet de « détruire la crédibilité de la BCE ».

Pour Knowles, Draghi se refuse à comprendre l’ampleur de la crise en Europe, et si l’Italie fait faillite, ce ne sera pas parce qu’elle est insolvable, mais plutôt à cause du tour d’écrou simultané sur la politique monétaire et la politique fiscale « qui détruit l’économie ».

Or, « Parler de réforme maintenant, c’est comme dire à un homme qui a une crise cardiaque de manger moins de hamburgers », estime le journaliste. Les réformes sont souhaitables, mais leurs bénéfices ne se feront pas sentir l’année prochaine, ni même dans 5 ans, et inévitablement, un de leurs premiers effets sera de produire une récession. Ce que les Eurocrates risquent, c’est la révolution. Son collègue Ambrose Evans-Pritchard note d’ailleurs que la colère gronde dans les partis de gauche en Europe, et que, simultanément, les partis nationalistes ont de plus en plus la faveur. La situation politique ressemble de plus en plus à celle des années 1930, affirme-t-il. Il rappelle la déclaration de Pedro Nuno Santos, le vice-président du groupe socialiste à l’assemblée portugaise, la semaine dernière : « Nous avons une bombe atomique que nous pouvons utiliser à la face des Allemands et des Français : cette bombe atomique, c’est simplement de refuser de payer. La dette est notre arme et nous devons l’utiliser pour imposer de meilleures conditions. Nous devrions faire trembler les banques allemandes ».

« En des temps ordinaires, le contrôle réservé de M. Draghi, presque prussien, pourrait sembler admirable. Mais en ce moment, c’est une folie. Certainement, Kim Jong Il nous laisse une Corée du Nord instable, et dotée de l’arme nucléaire. Mais M. Draghi est bien plus dangereux que ça : il risque de mettre l’Europe à feu et à sang avec une révolution. », conclut Daniel Knowles.

 

  • Source:The Daily Telegraph
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