'Nos dettes, mais votre problème?'

La dernière fois qu’il y a eu un référendum en Grèce, c’était en 1974, lors de l’abolition de la monarchie et de l’établissement de la Troisième République. Depuis 1829, le peuple grec n’a été consulté que 8 fois par référendum, cependant que le pays a fait défaut 5 fois. Pourquoi Papandréou s’est-il engagé dans cette voie alors que, manifestement, ce n’est pas habituel en Grèce ? Pour David Zervos de Jefferies cité dans Business Insider, il y a plusieurs explications possibles :

- Il s’agit d’une forme de chantage telle que le père de George Papandréou l’avait lui-même pratiquée en 1985 lorsque la Grèce avait suspendu son vote pour l’entrée du Portugal et de l’Espagne dans la Communauté Européenne. Finalement, on leur avait remis 30 milliards de fonds européens pour qu’ils votent en faveur du oui. Tel père, tel fils ?

- Les manifestations grecques à l’occasion du défilé du 28 octobre ont été très hostiles et vexantes pour la classe politique grecque. La force du rejet des décisions prises lors du sommet l’a surprise.

- Pour David Zervos, Papandréou fait pour le mieux pour le peuple grec. Il s’agit d’une décision capitale pour le pays et le peuple doit pouvoir décider lui-même s’il est prêt à accepter les sacrifices et rester dans l’euro, ou reprendre son destin en main et quitter la zone.

- Si les Grecs décident de quitter la zone euro, le coût pour l’UE sera très important, et c’est pourquoi les dirigeants européens redoutent la survenance de cet évènement. Papandréou le sait et peut-être essaye-t-il de jouer cette carte pour obtenir de meilleures conditions de sauvetage. Et si le peuple grec décide de quitter la zone euro, les conséquences ne seront peut-être pas aussi difficiles que celles des mesures d’austérité imposées par l’Europe.

Finalement, Papandréou vient juste de montrer qu’il a pris le contrôle de la situation aux pays du Nord de l’Europe : « C’est notre dette, mais c’est votre problème ». De cette manière, il a exposé aux marchés financiers la faiblesse de l’Italie, de la France, et de la Belgique. Zervos estime cependant que la Grèce finira par quitter la zone et que la proposition de référendum est une avancée dans ce sens. Les troubles que connaissent l’Italie et la France sur les marchés financiers semblent indiquer que nous nous rapprochons d’une union fiscale avec des euro-obligations financées par l’Allemagne, faute d’autre participant capable de le faire. 

  • Source:Business Insider
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