Oui, finalement la Grèce a obtenu un nouveau prêt d'urgence. Mais à quel prix?

Athens

Le Wall Street Journal rapporte que pour que l’Europe accepte de lui consentir un nouveau prêt d’urgence, la Grèce a dû consentir à une supervision de sa gouvernance par l’Union Européenne. Les ministres de la zone euro ont convenu qu’une mission de la Commission Européenne assurerait une surveillance « étendue et permanente » pour contrôler que le pays fait passer les réformes d'austérité qui faisaient partie de l’accord de prêt. « Il y aura une sorte de délégation qui aidera pour la collecte et la correction des évaluations de données. C’est tout. Il n’y a rien de dramatique », a assuré Pantelis Kapsis, le porte-parole du gouvernement grec, sur la chaîne de télévision privée Mega.

Mais ce n’est pas tout. La Grèce s’est également engagée à faire virer les paiements de ses intérêts sur un compte bloqué un trimestre à l’avance. Elle a également promis de faire inscrire le caractère prioritaire de ces paiements sur les autres dépenses du gouvernement dans une loi sous un délai de deux mois. Interrogé sur ces changements constitutionnels, Pantelis s’est contenté de répondre qu’il s’agissait d’une simple assurance réclamée par quelques créanciers de la Grèce.

D’autres politiciens ne voient pas les choses de cette manière. Giorgios Karatzaferis, qui dirige le petit parti nationaliste du Laos, a adressé une lettre au ministre des Finances, dans laquelle il évoque une « humiliation brute » pour le pays, et affirme que le coup porté à son honneur, combiné avec les mesures d’austérités pourrait mener le pays à la révolte.

Le site Zero Hedge rappelle que lors du premier plan de secours, la Grèce a vu à peine 20% des paiements réalisés, qui étaient directement adressés pour leur majeure partie à ses créanciers, les banques européennes et grecques, et ont servi davantage à renflouer les banques de la zone euro, plutôt qu’à revenir au peuple grec. Il analyse que ce sera identique pour le second paiement, mais c'est-à-dire que le peuple grec ne sera pas le récipiendaire des paiements liés au prêts d’urgence, mai qu’en plus, compte tenu que la Grèce s’est engagée à rendre prioritaire le service de cette dette en particulier, elle devra financer les intérêts. Autrement dit, le second plan de sauvetage n’est rien d’autre qu’un plan de sauvetage des banques européennes insolvables, financé par la Grèce, écrit-il.

Cependant, dans un sondage publié lundi, 77% des Grecs ont indiqué qu’ils souhaitaient rester dans la zone euro « quelque en soient les coûts »…

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