Papademos et Monti : des technocrates pourront-ils sauver l'Europe?

Lucas Papademos, qui vient d’être nommé Premier ministre en Grèce, et Mario Monti, qui vient de reprendre le flambeau derrière Silvio Berlusconi en Italie sont de purs technocrates, et comme Mario Draghi, qui vient de reprendre la Présidence de la Banque Centrale Européenne derrière Jean-Claude Trichet, des économistes qui ont été formés aux Etats Unis, et qui ont tenu des fonctions au sein de l’Union Européenne sans jamais avoir été élus.

Des technocrates aux commandes en Europe sans être élus ? Ce n’est pas très démocratique, pointent ceux qui y voient un nouvel abus de l'Europe des élites et se réparent déjà à les épingler au moindre faux-pas, mais ce ne sont certainement pas les marchés qui vont s’en plaindre. Très à l’aise avec les concepts économiques complexes qui ont été le lot quotidien des dirigeants européens depuis le début de la crise de la dette, il se pourrait qu’ils démontrent une plus grande capacité à prendre les bonnes décisions, et ce d’autant plus qu’étant donné le statut provisoire de leur mandat, ils auront moins de scrupules à faire passer des réformes désagréables.

Cependant, les pays européens ont presque tous assisté à l’émergence de partis extrémistes de gauche ou de droite avec la crise économiste. En Grèce, un quart de la population se range derrière l’extrême gauche, et 8% des électeurs sont favorables à la droite nationaliste. En Italie, les partis communistes et d’extrême droite sont traditionnellement très influents. En France, on s’attend à ce que la candidate d’extrême droite, Marine Le Pen, joue un rôle décisif pendant les élections présidentielles de 2012. En Hollande, Geert Wilders, le candidat du Parti pour la Liberté, est second dans les sondages d’opinion. Les Vrais Finnois en Finlande rassemblent plus de 20% des électeurs. Tous ont progressé, avec des programmes qui refusent l’immigration et la mondialisation, et le corollaire de cette dernière, c'est-à-dire l’Europe. Ils lui reprochent son élitisme, mais aussi d’avoir ouvert les frontières et favorisé l’abandon de la monnaie nationale au profit de la monnaie unique. Wilders et Le Pen envisagent d’ailleurs le retour du florin et du franc français respectivement, s’ils parviennent au pouvoir.

Dans les pays sans difficulté financière du Nord de l’Europe, ces partis sont déjà assez puissants pour avoir une influence sur la vie politique, et, partant, sur les décisions prises à Bruxelles, et les dirigeants actuels s’inquiètent qu’ils ne pourront faire accepter à leurs électeurs un nouveau plan de sauvetage pour l’Italie.

Les nouveaux technocrates aux commandes ont donc la lourde tâche de stabiliser les économies et de rassurer les marchés financiers pour empêcher l’effondrement de leur pays, et de l’Europe. Malheureusement, ce ne sont pas des magiciens, et il se peut que la situation soit déjà tellement chaotique, qu’il est déjà trop tard pour l’éviter…

Share
NOMINATIONS
Kathleen Hens
Vice-President CAPGEMINI
Eric Cuvelier Eric Cuvelier
CIO MOBISTAR
DERNIERES VIDEOS