Pourquoi l'Allemagne ne veut pas sauver l'euro? Parce qu'il n'est pas en danger...

Bundestag

Les ministres des Finances de la zone euro doivent se réunir aujourd’hui à Bruxelles pour étudier l’option du renforcement du FESF. L’Allemagne subit des pressions de plus en plus fortes au sujet de la mise en place d’obligations européennes, ou de l’élargissement des compétences de la BCE, pour lui permettre d’aider davantage les pays en difficulté.

Jean Quatremer, le journaliste français du journal Libération spécialiste des questions de l’Europe sur son blog « Coulisses de Bruxelles », estime qu’il est très improbable que l’Allemagne change sa position, parce la Chancelière prône toujours l’austérité qu’elle envisage comme le seul remède de la crise :

« Comme les médecins de Molière, Angela Merkel estime qu'une bonne saignée des finances publiques, alliée à la menace de vigoureux coups de fouet, permettra de remettre le malade euro sur pied. Pour le reste, la chancelière allemande ne veut ni d'une solidarité financière entre les Etats de la zone euro, que ce soit sous forme d'euro-obligations ou d'intervention illimitée de la Banque centrale européenne (BCE), ni d'un saut fédéral allant au-delà d'un renforcement de la discipline budgétaire. »

- Pour la Chancelière, explique-t-il, la crise actuelle n’est qu’un mouvement de panique momentané des marchés qui se calmeront lorsque les politiques d’austérité des différents pays commenceront à produire leurs effets ;

- Pas question d’union fiscale : les Etats européens doivent s’occuper individuellement de réduire leur déficit ;

- La renégociation des traités européens demandée par l’Allemagne ? Elle vise juste à mettre en place des moyens et des sanctions pour que la Commission puisse contrôler les budgets des différents Etats et faire respecter la discipline budgétaire ;

- La crise actuelle a du bon, car elle a permis une prise de conscience des excès commis pendant les années de faste économique ;

- Les euro-obligations ? Pas question ! Si on fusionne les dettes, il faut également fusionner les prises de décision, sinon il y aura des abus d’Etats prodigues qui profiteront des crédits d’autres Etats. De son point de vue, les euro-obligations mettront l’Europe en faillite ;

- De même pour l’intervention de la BCE sur le marché de la revente de la dette publique (marché secondaire) : si un Etat abuse, cela se fera sur le dos des autres qui n’auront pas les moyens de sanctionner ce mauvais élève.

Il faut espérer que les marchés partageront les tranquilles certitudes de la chancellerie, eux qui souhaitaient un peu plus que le rappel du traité de Maastricht", conclut Jean Quatremer.

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