Pourquoi le transport aérien européen doit s'attendre à une multiplication des faillites

Hannover Airport Takeoffs - © Ho-Yeol Ryu

Les compagnies aériennes low-cost prospèrent en ces temps de crise, mais on ne peut guère en dire autant des grandes compagnies aériennes nationales. Les consommateurs sont bien plus attentifs aux prix lorsqu’ils voyagent, et les bénéfices des compagnies s’en ressentent. Ainsi, la compagnie low-cost irlandaise Ryanair prévoit d’atteindre un bénéfice de 480 millions d’euros pour l’année 2011-2012, contre 440 millions d’euros pour l’exercice précédent. Lufthansa, de son côté, a émis un « profit warning » en septembre dernier, tandis qu’Air-France-KLM, la seconde plus grosse compagnie européenne, a indiqué en novembre que l’année 2011 serait en perte.

Ce mois-ci, la compagnie catalane Spanair a cessé ses opérations. La Région de Catalogne s’est révélée incapable de la soutenir. Vendredi, c’est la compagnie hongroise Malev, qui a déposé le bilan. A chaque fois, Ryanair, qui dispose d’une réserve de 80 avions maintenus au sol en hiver, a proposé sa candidature pour reprendre les lignes à son compte.

Les experts anticipent que ce mouvement devrait se poursuivre, du fait de la hausse du prix du carburant, et des conditions économiques difficiles, parce ce secteur est trop atomisé en Europe, et que certaines de ces compagnies aériennes n’offrent aucune spécialisation. Les Etats, qui se portaient naguère au chevet des compagnies souffrantes, sont eux-mêmes trop englués dans leurs dettes pour pouvoir leur porter secours.

Geoff van Klaveren, un analyste de la Deutsche Bank, rappelle que 21 des 40 plus grosses compagnies européennes se partageaient une part de marché de moins de 11% en 2011, alors  Aux Etats Unis, les 5 plus grosses compagnies, Southwest Airlines, Delta Air Lines, United-Continental, American Airlines et US Airways occupent 86% du marché. En Europe, les 5 plus grosses compagnies, Lufthansa, Ryanair, Air France-KLM, EasyJet et IAG (International Airlines Group, qui possède British Airways), ne se partagent que 45% du marché européen. D’après van Klaveren, Lufthansa, Air France-KLM et IAG sont viables, parce que leurs vols longs courriers sont rentables, mais toutes les autres compagnies nationales sont en danger, à moins d’adopter des stratégies de niche. IAG l’a probablement bien compris. Elle a manifesté son intérêt pour le rachat d’une compagnie portugaise qui devrait bientôt être privatisée, Transportes Aereos Portugeses, et qui dispose d’un bon réseau de vols à destination du Brésil.

  • Source:Financial Times
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