Pourquoi Merkel a soudainement fait marche arrière pour approuver le plan de sauvetage de Draghi

 

© The Council of EuropeLe Wall Street Journal révèle que l’Allemagne est exposée massivement à l’Espagne, puisque son exposition totale est de 108 milliards d’euros, dont 35 milliards d’euros concernent ses banques. Vendredi prochain, les banques espagnoles subiront un nouveau « stress test » pour déterminer quelle quantité de capital elles nécessitent, alors que l’on se demande de plus en plus au sein de la zone euro si le plan de sauvetage de 100 milliards d’euros qui leur a été consenti cet été pourra suffire.

Récemment, l'agence de notation Moody a revu ses perspectives pour l'Allemagne, qu’elle a fait passer de «stables» à «négatives», en raison de cette forte exposition des banques allemandes dans les pays en graves difficultés financières comme l'Italie et l'Espagne. Dans son rapport, l’agence de cotation n’omet pas de mentionner que la vulnérabilité de l’Allemagne par rapport à ces expositions pourrait parfaitement déboucher sur la perte de sa note triple A.

Dans les années 2000, les banques allemandes ont massivement souscrit des «obligations espagnoles couvertes », également appelées Cedulas, qui étaient considérées comme étant les moins risquées à l’époque, parce qu’elles étaient adossées à une caution, en général constituée de prêts hypothécaires immobiliers. Mais avec l’éclatement de la bulle du marché immobilier et la forte baisse de prix du foncier espagnol, ces garanties se sont effondrées, et ces obligations posent désormais des risques de pertes potentielles pour les investisseurs. Or, d’après les experts, les Landesbanken, les banques publiques allemandes, qui auraient massivement investi dans ces produits dans les années 2000, sont éminemment concernées par ce risque.

Selon Leef Dierks, responsable de stratégie pour les obligations couvertes chez Morgan Stanley, Moody’s a même dégradé la cote des cédulas pour les qualifier de quasi-pacotille en juin, et certaines d’entre elles auraient perdu près de la moitié de leur valeur. Dierks estime que leur cours pourrait encore continuer de baisser, mais qu’elles ne devraient cependant pas présenter de risque de défaut, puisque les banques espagnoles les utilisent comme caution pour emprunter auprès de la BCE.
Les grandes banques allemandes sont également exposées à l’Espagne, notamment en raison de leur réseau d’agences et de leurs activités sur place. La Deutsche Bank, première banque allemande, est ainsi exposée à hauteur de 29,7 milliards d’euros, bien qu’elle ait procédé à une réduction de son exposition au travers de ses activités avec les institutions financières espagnoles, qui représentent 7,2 milliards d'euros. La seconde plus grande banque allemande, la Commerzbank, est exposée quant à elle de 13,5 milliards d’euros, dont 4,3 milliards auprès des institutions financières espagnoles et 3,9 milliards d’euros dans l'immobilier commercial. Après l'effondrement de Lehman Brothers, cette banque avait bénéficié d’un plan de sauvetage et l’Etat allemand en détient encore 25% des parts.

Toutefois, selon les experts et malgré sa forte exposition à l’Espagne, il est peu probable que le secteur bancaire allemand ne connaisse une nouvelle crise comme celle de 2008. 

  • Source:The Wall Street Journal


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