Que se passerait-il en cas de retour du franc belge?

Le 1er janvier prochain, l’euro fêtera ses 10 ans d’existence, mais la monnaie européenne n’a jamais été aussi fragile, rappelle l’Echo. Les experts évoquent de plus en plus souvent le scénario de l’éclatement de l’euro, même si c’est encore à mots couverts. Peter Vanden Houte, économiste chez ING Belgique, évalue cette probabilité à 15%. Le quotidien économique en profite pour évoquer les conséquences d’un retour aux monnaies nationales :

1/ On assisterait immédiatement à un réalignement des monnaies européennes sur le mark allemand, et donc à des dévaluations, de 5 à 10% pour les pays les plus forts, comme les Pays-Bas, l’Autriche, la Finlande et le Luxembourg, et à plus de 60% pour les pays de la périphérie, comme la Grèce. Pour le franc belge, ce serait probablement de même ampleur que pour le franc français, c'est à dire, un peu plus que les pays « forts ».

2/ Suivrait un recul économique de 10%. Même si cette dévaluation aurait des effets positifs sur le commerce extérieur, elle ne pourrait compenser la perte du bénéfice d’une grande zone monétaire, ce qui coûterait 2% de PIB. En outre, le système financier s'en trouverait fragilisé, et exigerait le soutien de l'Etat. Enfin, il faudrait s’attendre à une crise économique très grave, estimée à 15% dans certains pays, et à 10% en Belgique. Et dans les 5 années suivantes, l’endettement de la Belgique augmenterait de 17,5%, ce qui aggraverait le poids du service de la dette et obligerait à de sérieuses mesures d’austérité.

3/ Peter Dijkstra, CIO de Kempen & Co, estime que le cours des actions européennes pourrait chuter de 23% dans le cas d’un éclatement de la zone euro. Aucune valeur ne serait épargnée par cette diminution, cependant, les baisses de valeur des obligations souveraines des pays forts (Allemagne, Pays Bas) et des actions des entreprises saines seraient moins marquées.

4/ Même si l’euro n’est pas abandonné, Peter Dijkstra pense que nous connaitrons tout de même la récession en 2012, que la BCE abaissera son taux directeur pour le rapprocher de 0,5%, et que l’euro devrait perdre 25% par rapport aux autres devises. Cette dévaluation pourrait avoir des conséquences positives sur les entreprises fortement exportatrices, comme celles du secteur automobile, de l’industrie pharmaceutique ou des semi-conducteurs. En outre, il estime que les valeurs boursières de la zone euro gagneront 25%.

  • Source:L'Echo
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