Rajat Gupta : autopsie d'un délit d'initié spectaculaire à Wall Street |
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![]() Durant l’après-midi du 23 septembre 2008, au pire moment de la crise financière, une poignée de personnes ont appris une bonne nouvelle. L'investisseur légendaire Waren Buffett, par l’intermédiaire de sa société, Berkshire Hathaway's, était sur le point d'investir cinq milliards dans Goldman Sachs Group Inc .- une véritable bouffée d'oxygène pour le marché financier traumatisé. Peu après, selon les autorités, un directeur de Goldman a appelé un des ses amis, un milliardaire gérant d’un hedge fund. Dans les minutes qui ont suivi, le gérant a acquis 175 000 parts de Goldman. Le lendemain, lorsque la nouvelle de l’investissement de Warren Buffett fut rendue publique, le cours de l’action Goldman augmenta de 6.4%, permettant au gérant du Hedge Fund Galleaon Group, M. Rajaratnam, de réaliser un profit estimé à 900 000 dollars par l’autorité des marchés. Cette affaire vient de donner lieu à l’ouverture d’un gigantesque procès pour délit à New York, dont le procureur fédéral de New York a indiqué qu’il s’agissait de la "Plus grosse affaire pénale de délit d’initié impliquant un hedge fund". Le gendarme de la bourse américaine, the Securities and Exchange Commission (SEC) a annoncé la mise en examen de Rajat Gupta mardi dernier. Il aurait également divulgué des informations confidentielles à propos des résultats trimestriels de Goldman et Procter & Gamble, deux sociétés dont il est actuellement membre du conseil d'administration. Gupta figure également au conseil d’administration de la société AMR Corp, une société parente d’American Airlines. Rajat Gupta est un symbole du monde des affaires américain, et dans son Inde native, c’est un héros des affaires, l'un des premiers natifs du pays à s'élever pour atteindre le sommet d'une société multinationale majeure. Il a bâti sa carrière comme consultant, puis est arrivé chez Mac Kinsey en 1973, où il a passé 34 ans, dont 9 au sommet de la hiérarchie, conseillant le gratin des entreprises américaines lors de ses prises de décisions les plus cruciales. "Mac Kinsey est la chose qui se rapproche le plus d'un confessionnal pour le monde des affaires, et il en était le prêtre le plus important", dit-on de lui. Pour la société de consultance, ce scandale pourrait être une catastrophe. Un des associés, Anil Kumar, s’était déjà récemment reconnu coupable d'avoir reçu 2 millions de dollars en paiement de la part de M. Rajaratnam, contre des secrets de firmes clientes. M. Rajaratnam a cependant nié les faits. Mais avec la révélation d’un second cas de délit d’initié aussi rapprochée, Mc Kinsey, qui base son succès sur sa réputation, pourrait bien vaciller. À Wall Street, c’est la consternation. Dans le Wall Street Journal, James Stewart estime que ces délits d'initié sont stupides. Il démontre, chiffres à l’appui, que le gérant de fonds aurait pu décupler ses profits en négociant ses actions au bon moment. L'illusion de profits rapides quoique illégaux semble écarter une vision de long terme plus rationnelle. Dans le Huffingtonpost, Geoges Ugeux énumère d’autres leçons à tirer de cette histoire. Il observe qu’à Wall Street, une sorte de maladie de l’avidité semble sévir. La plupart des scandales de ce type proviennent de personnes très riches, remarque-t-il : Rajat Gupta, Bernie Madoff ou Ramalinga Raju. Ils semblent être pris dans une spirale de l'argent qui enflamme leur imagination, et ils finissent par se sentir exonérés de suivre les règles. Ce type d’évènement est banal en Inde, explique-t-il. La réglementation rend possible aux membres d'un comité de direction le monnayage des informations dont ils sont détenteurs, et cette sorte de délit d'initié semble "acceptable". M. Gupta est-il devenu la victime de son ami, ou a-t-il financièrement bénéficié des indications qu’il lui a donné ? Dans une note adressée au doyen de l’Indian School of Business d’ Hyderabad dont il est un des fondateurs, Gupta a écrit : "Il n'y a pas d'enregistrements ou d'autres preuves directes indiquant que j’aie pu informer M. Rajaratnam. Je n'ai acheté aucun des titres en cause ni n’ai partagé aucun des profits réalisés par M. Rajaratnam". Mais très certainement, dans cette note, la précision dans le choix des mots compte. Pourrait-il être tout de même, par exemple, un investisseur du Hedge Fund ?
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