'Réfléchissez avant d'agir' : quelles seraient les conséquences si la Grèce quittait l'euro?

Willem Buiter, un économiste d’origine néerlandaise ayant la double nationalité britannique et américaine, qui enseigne l’économie politique à la prestigieuse London School of Economics de Londres, tout en étant l'économiste en chef de la filiale londonienne de Citibank, vient de donner son analyse de ce que seraient les conséquences potentielles du départ de la Grèce de la zone euro. Ses conclusions sont reprises sur le blog ??Alphaville (FT).

Il estime que le départ de la Grèce pourrait avoir des effets bénéfiques, mais seulement sur le long terme. A court terme, ce serait un cataclysme économique à la fois pour la Grèce et pour les 16 autres nations qui partagent la monnaie unique, et qui aurait également des implications politiques.

- En cas de sortie de l’Euro, la Grèce émettrait immédiatement une nouvelle devise. Mais les banques seraient prises d’assaut par les déposants qui voudraient récupérer leur épargne, ce qui occasionnerait une pénurie de liquidités, et l’effondrement du système bancaire, annulant la possibilité d’un retour de la croissance pour le pays.

- Pour la zone euro, la plus grande menace proviendrait de ce que la Grèce créerait un précédent, qui autoriserait d’autres sorties de pays.

- De ce fait, les marchés se tourneraient vers les autres pays en difficulté de la zone (les PIIGS), et les investisseurs exigeraient le remboursement de leurs prêts à ces pays.

- Ces retraits provoqueraient le chaos financier, notamment une crise financière et une récession dans les pays de la périphérie. Les investisseurs confieraient leurs actifs aux pays de la zone euro les plus sains sur le plan économique (Buiter cite l’Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Autriche et la Finlande), ce qui pousserait à la hausse la valorisation de la monnaie euro. Les membres restants de cette zone euro auraient alors à gérer le problème de taux de change défavorables, en plus des conséquences des effets de dominos des crises économiques des pays de la périphérie.

Buiter pense (et espère) que les politiciens de la zone euro sauront garder la tête froide, et qu’un départ de la Grèce est peu probable. Les autres membres de la zone euro n’ont pas la possibilité de se référer à un texte formel pour encadrer la sortie de la Grèce, puisqu’il n’en existe pas. Néanmoins, en lui refusant davantage de financement, ou en la forçant à adopter des mesures d’austérité impossibles, ils peuvent la conduire à partir. De ce point de vue, les tergiversations de la troïka formée de la BCE, de l’Union Européenne et du FMI pourraient être analysées comme une volonté de faire sortir la Grèce. Il croit cependant que la troïka va continuer à allouer des fonds à la Grèce, tout en la forçant à adopter des plans d’austérité extrême, voir même en concoctant ces plans elle-même.

« Pour le bien de la stabilité économique et de la croissance dans la zone euro, l’Union Européenne élargie et l’économie mondiale, nous espérons que ce message est pris à cœur par les autorités européennes », conclut-il.

 

  • Source:Financial Times
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Daniël Jacobs
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