SNI : 'des mesures drastiques afin d'éliminer la pauvreté structurelle des indépendants'

Independant Carpenter

Selon une étude de la Fondation Roi Baudouin, on apprend que 15% des indépendants sont en situation de pauvreté structurelle. Une situation qui est inadmissible pour le SNI qui souhaite des réformes.

En premier lieu, il faut un climat entrepreneurial sain et serein permettant aux indépendants d'éviter de tomber dans la pauvreté. Plusieurs mesures sont envisagées : un autre calcul des cotisations sociales, une approche plus stricte des mauvais payeurs, une procédure plus rapide pour les demandes de report et de dispense de paiement des cotisations sociales, l’octroi d’une allocation de prévention pour les indépendants qui veulent arrêter leur activité afin de ne se retrouver sous encore plus de dettes et la promotion de l'entrepreneuriat de la deuxième chance.

Christine Mattheeuws, présidente du SNI précise : "Les politiciens qui pensent que les indépendants sont des fraudeurs, feraient mieux d’y réfléchir à deux fois. Il ressort d’une étude de la Fondation Roi Baudouin que 15% des indépendants se trouvent dans une situation de pauvreté structurelle. Cela veut dire qu’ils vivent pendant au moins sept ans sous le seuil de la pauvreté. «L’image des indépendants riches qui vivent dans de grandes villas et roulent dans des voitures de luxe est donc avant tout un cliché, mais ne correspond pas à la réalité".

Pour le SNI, il est fondamental que les indépendants se retrouvent pas en-dessous du seuil de pauvreté. C’est pourquoi ces mesures drastiques doivent être prises d’urgence. Actuellement, les cotisations sociales qui sont dues par les indépendants sont calculées sur base des revenus de trois ans auparavant. Une mesure qui correspond pas à la réalité. Celui qui disposait encore en 2009 d’un revenu confortable, peut se trouver aujourd’hui dans une situation financière compliquée. Un nouveau mode de calcul permettant aux indépendants de payer leurs cotisations sociales sur base des revenus de l’année même est plus proche de la réalité économique.

La raison principale des faillites et de la pauvreté sont les factures impayées. Pour empêcher cela il faut une approche ferme des mauvais payeurs, avec entre autres l’introduction de l’injonction de payer. Actuellement, les entrepreneurs qui voient leurs factures impayées doivent encore toujours se rendre devant le tribunal pour obtenir paiement. Grâce à l’instauration de l’injonction de payer ce serait pourtant un peu plus facile et plus rapide. Via cette injonction de payer les créanciers récupéreraient plus facilement leur argent en adressant au juge une requête unilatérale.

Parmi les indépendants qui se trouvent déjà en difficulté, il faut une procédure plus rapide pour les demandes de report et de dispense de paiement des cotisations sociales, y compris un meilleur accompagnement après. Le SNI plaide également pour une allocation de prévention pour les indépendants qui veulent arrêter leur activité afin de ne pas avoir encore plus de dettes et rejoint ainsi les dernières déclarations de la ministre des Classes moyennes, des PME et des Inde pendants, Sabine Laruelle.

L’organisation des entrepreneurs indépendants estime également qu’un entrepreneur en faillite mérite une seconde chance. Ce n’est pas si évident qu’il n’y parait. Un indépendant qui fait faillite se voit taxer de fraudeur, surtout lorsqu’il démarre une nouvelle activité. Cette mentalité, surtout propre à notre pays, doit être infléchie. Et Christine Mattheeuws d'ajouter : "De ce point de vue, nous pouvons être jaloux de pays comme les Etats-Unis. Là, les entrepreneurs faillis reçoivent rapidement une seconde chance et l’on applaudit entrepreneuriat".

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