Zone euro : le 'y a qu'à, Faut qu'on...' n'est pas de mise |
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Tightrope![]() Selon les ministres des finances du Royaume Uni, des Etats Unis, de l’Australie, du Japon et du Canada, les solutions à la crise de l’euro semblent évidentes : il faut recapitaliser les banques européennes et régler le problème de la dette de la Grèce tout en protégeant le reste de l’Europe. Cela semble bien simple. Mais Chris Giles, du Financial Times, y voit le pire des problèmes économiques d’optimisation sous contraintes. Tout d’abord, la recapitalisation des banques devrait être concomitante avec des stress-tests sérieux pour rassurer les investisseurs. Mais la tâche de l’Autorité bancaire Européenne s’apparente à trouver un juste milieu avec deux contraires : fournir des stress-tests assez sérieux pour qu’ils soient crédibles vis-à-vis des investisseurs pour leur redonner confiance dans les banques, et dans le même temps, pas trop sévères pour que ceux-ci continuent à avoir envie de leur prêter de l’argent, et, partant, à garantir des financements abordables pour les différents gouvernements européens. Pour résoudre les problèmes de la Grèce, les Allemands voudraient l’obliger à faillir à ses engagements vis-à-vis des créanciers privés bien au-delà des 21% qui avaient été convenus en juillet. Mais pour la France et la Banque Centrale Européenne, les créanciers doivent en accepter le principe. Or, de toute évidence, plus les défauts seront importants, plus ils permettront d’assainir la situation grecque, et d’envisager un retour à une certaine normalité. Mais d’un autre côté, il sera de plus en plus difficile de trouver des financements pour la Grèce avec des partenaires volontaires, et, pire, la méfiance pourrait s’étendre aux autres pays de l’Europe en difficulté. Quant au Fonds Européen de Stabilité Financière, il doit être étendu, mais d’une manière qui ne mette pas en péril la cotation triple A de la France. Enfin, au-delà de ses difficultés, la zone euro en rencontre une autre de taille : il ne fait plus de doute qu’elle doit s’acheminer vers une union fiscale, mais comment pourra-t-elle alors imposer plus de discipline aux pays les plus dépensiers lorsque tout son financement sera mutualisé ? Pour le journaliste, le monde doit comprendre que l’héroïsme ne doit pas être l’apanage des seules France et Allemagne, mais que le reste du monde a aussi un rôle à jouer, et doit consacrer de l’argent pour aider la zone euro et éviter « le monde de douleur » qu’a évoqué l’un des Ministres des Finances présents au G20. Mais là encore, c’est une équation difficile, estime-t-il. Trop d’aide en faveur de l’Europe pourrait conduire les dirigeants de la zone à se contenter des solutions de facilité. L’incertitude complique ces problèmes, mais une chose est sûre : le « y a qu’à, Faut qu’on… » n’est certainement pas la bonne réponse. (Photo Twitpic/@MomInManagement) |
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