Comment en faire plus... En travaillant moins

Nap at work

Prenons 2 employés travaillant dans le même bureau, et ayant les mêmes horaires d’arrivée et de départ dans l’entreprise. Le premier salarié travaille sans interruption toute la journée, et prend même ses déjeuners au bureau. Le second salarié, en revanche, travaille intensément par fractions de 90 minutes, espacées par des pauses de 15 minutes. A 12H15, il prend une pause déjeuner d’une durée de 45 minutes, ou se rend dans une salle de sport. Et à 15H00, il s’offre une petite sieste de 15 à 20 minutes. Et entre 16H30 et 17H00, il sort se promener dans un parc adjacent.

A la fin de la journée, le salarié A a passé 10 heures sur son travail. Il a commencé le travail à 80% de ses capacités, se freinant instinctivement, parce qu’il sait qu’il a une longue journée de travail devant lui. Vers 13h00, il commence à ressentir de la fatigue. A ce moment-là, il n’est plus qu’à 60% de ses capacités et il continue de perdre son énergie. Entre 16H00 et 19H00, il ne fonctionne plus qu’à 40% de son potentiel. C’est la loi des rendements décroissants, affirme Tony Schwartz dans la Harvard Business Review. En moyenne, le salarié A aura travaillé 10H00 à 60% de ses capacités, ce qui correspond à 6H00 de travail.

Le salarié B n’a aucun problème à se donner à 90% de ses capacités lorsqu’il travaille, parce qu’il sait que dans un petit moment, il fera une pause. Il ralentit aussi au fur et à mesure du déroulement de la journée, mais dans les 3 dernières heures de sa journée de travail, il est toujours à 70% de son potentiel. Au total, il aura cumulé 2 heures de pause, ce qui aboutit à 8 heures de travail effectif. Durant ce temps, il a donné 80% de lui-même, ce qui correspond à 6H1/2 de travail, c'est-à-dire ½ heure de travail supplémentaire par rapport au salarié A. Et comme durant ses heures de travail il est plus concentré et plus vif, il commet moins de fautes que le salarié A, et lorsqu’il rentre le soir chez lui, il lui reste de l’énergie pour passer du temps avec sa famille.

Ce n’est pas le temps que nous passons à notre bureau qui détermine la valeur de ce que nous produisons, mais bien l’énergie que nous y consacrons. Les êtres humains sont conçus pour alterner entre des périodes de dépense de l’énergie, et des périodes de recharge de cette énergie, et obéir à ce rythme nous place dans les meilleures conditions pour produire. Pour les employeurs, valoriser une organisation du travail qui favorise cette alternance vous permettra d’obtenir davantage de productivité, et une meilleure satisfaction des employés.

  • Source:Harvard Business Review
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