Dénoncer ceux qui dénoncent?

Plusieurs scandales financiers ont été portés au grand jour suite à dénonciation. Faudrait-il donc l'encourager, voire l'institutionnaliser ?

Non !

La dénonciation est considérée comme " moralement neutre " en Angleterre et dans les pays anglo-saxons, mais pas dans certains pays, dont la France, qui l'associe à la Deuxième Guerre mondiale.

Attention à ne pas confondre :

- La divulgation, qui est l'acte de dévoiler publiquement une action ;

- La dénonciation, qui est l'acte de dévoiler également publiquement une action ou un événement, mais avec une connotation de blâme ;

- La délation, qui est une trahison pure et simple.

La dénonciation est donc à priori louable, puisque l'acte dénoncé est digne de blâme, mais il faut bien séparer ce qui doit être dénoncé de ce qui ne mérite pas de l'être. Pour ce faire, il est utile de procéder au test de l'intolérabilité et que soit alors dénoncée toute action qui dépasse le tolérable : abus fait à des personnes vulnérables, violence physique ou harcèlement moral... La jalousie, l'envie ou la vengeance ne doivent pas être des motifs de dénonciation.

La dénonciation n'est pas la meilleure solution lors de manquements administratifs (sortir fumer trop longtemps ou trop souvent, être en retard, travailler peu...), manquements qui ne sont pas moralement répréhensibles.

Une politique institutionnalisée de dénonciation n'est pas souhaitable, car elle engendre des abus, détériore le climat de travail, et déresponsabilise le patron ou le gestionnaire.

Dénoncer l'intolérable est courageux et nécessaire, dénoncer un manquement administratif est de la couardise.

(Source: René Villemure - LesAffaires.com)

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