Lady Gaga et Soeur Teresa : deux femmes que tout oppose, ou presque...

La robe de viande de Gaga n’aurait certainement pas été du goût de Sœur Teresa de Calcutta. Et pourtant, l’opposition entre les deux femmes cache une véritable similitude. Les deux femmes ont réussi, en travaillant dur, à imposer leur style, a recueillir la vénération de millions de personnes, et proposent des modèles intéressants pour les dirigeants d’entreprises.

Les deux ont en effet su développer des marques claires, qui leur ont permis de se démarquer facilement de la concurrence. Elles ont su se spécialiser sur un public, et se sont distinguées comme de véritables génies des relations publiques. Mère Térésa s’est adressée aux pauvres et aux malades, ceux que l’on évite. Lady Gaga se décrit comme une personne louche, une âme perdue à la recherche de ses semblables, et assure à ses fans qu’être déviant n’est pas un problème, un message rassurant pour les adolescents et les homosexuels. Elle a su développer du charisme, et démontré une capacité à bâtir un engagement émotionnel chez ceux qu’elle inspire.

Très tôt dans leur carrière, ces deux figures ont su troquer leurs noms trop longs et difficilement prononçables pour des surnoms plus faciles à retenir : ainsi, Agnes Gonxha Bojaxhiu est devenue Mother Teresa, tandis que Lady Gaga a remplacé Stefani Germanotta. Lady Gaga est en outre l’une des premières stars à avoir bâti sa renommée grâce à internet et les réseaux sociaux. Mère Teresa était aussi une véritable « machine des relations publiques », aussi à l’aise avec un riche donateur qu’avec un lépreux mourant. Elle laissait toujours son empreinte en communiquant dans un langage que son interlocuteur pouvait comprendre.

Les deux ont également travaillé avec acharnement : Mère Teresa se levait pour une messe quotidienne à 4:40. Lady Gaga travaille en continu, mais a daigné prendre une journée pour passer les fêtes de Noël avec ses parents.

Les deux femmes ont leurs détracteurs : pour certains, Lady Gaga manque d’authenticité. Christopher Hitchens, dans son livre « the Missionary Position » (la position du missionnaire) a surnommé Mère Térésa « l’ange de l’enfer », et l’a accusée de prôner une forme de Catholicisme extrême, et d’accepter de l’argent de sources douteuses, comme « Papa Doc » Duvalier, le dictateur Haïtien.

 

  • Source:The Economist
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