L'Asie a du mal à fournir de bons cadres

Les cadres expatriés en Asie éprouvent le barrage culturel de plein fouet lorsqu'il s'agit du management des équipes. Ils peuvent avoir du mal à répondre aux fréquentes demandes de progression de carrière des jeunes, ou ressentir de la peine à réprimander des employés sans leur faire perdre la face, et ces complications se surajoutent aux difficultés de communication induites par l'emploi de langues étrangères.

Pourtant, leur remplacement par des cadres locaux pose d'autres difficultés. Selon le cabinet Korn/Ferry International, L'Asie, qui incarnait jusqu'à il y a peu, l'atelier du monde, est en train d'opérer une conversion très rapide vers un nouveau rôle, celui de conduire la croissance économique à l'heure de la crise financière mondiale. Or, et c'est là que le bâts blesse, ses cadres n'y sont pas forcément prêts. "Seule une petite fraction des cadres [natifs d'Asie] de cette zone présente les atouts de personnalité nécessaires à la réussite dans ce marché notoirement différent", conclut-il, après avoir identifié une dizaine de faiblesses récurrentes des responsables asiatiques parmi lesquelles la capacité à apprendre, à gérer les paradoxes, à motiver les autres...

Les expatriés peuvent aider les responsables locaux, mais ils sont trois à cinq fois plus coûteux que les employés locaux. De plus, les expatriés connaissent leurs propres difficultés, notamment du fait de la barrière de langage : si la communication est satisfaisante dans les plus hauts niveaux hiérarchiques, elle se dégrade en rejoignant la base, et il est difficile de vérifier que ce qui a été interprété et compris en temps réel, ceci étant particulièrement vrai lorsque la zone couvre plusieurs pays. Le franc-parler des cadres occidentaux risque de heurter les équipes asiatiques, et constitue clairement un autre point noir culturel. La présence dominante des expatriés dans les équipes de direction est également susceptible de décourager les bons candidats locaux qui risquent de peiner à imaginer un plan de carrière attractif pour eux.

Erik Duerring, directeur du cabinet de consultance Development Dimensions International en Chine, lui-même expatrié de Pittsburgh, estime que les expatriés ne peuvent constituer qu'une solution de court terme, et propose d'encourager le développement massif de cadres locaux, avec des programmes de formations, et du coaching.

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